Menu

Sections thématiques

Mesurer et améliorer la rentabilité de l'entreprise

Le calcul de la rentabilité d’une entreprise est indispensable à une bonne gestion de son activité. Une entreprise en croissance doit être en mesure d’analyser ses coûts. Il s’agit d’un gage de sécurité pour son avenir. Il existe plusieurs approches de la rentabilité d’une entreprise qui s’adaptent aux lecteurs de comptes, entrepreneurs, financeurs ou investisseurs.

Rédigé par Mickaël Le Bour - Mis à jour le 25/05/2026

L'essentiel à retenir

La rentabilité d'une entreprise est le rapport entre les revenus générés par son activité et les coûts engagés pour les obtenir. Elle est positive lorsque les revenus dépassent les charges.

  • Deux indicateurs clés : rentabilité économique et rentabilité financière
  • Le seuil de rentabilité marque le point d'équilibre entre revenus et charges totales
  • Les ratios de rentabilité s'apprécient toujours par rapport au secteur d'activité
  • L'effet de levier financier amplifie la rentabilité financière, mais accroît le risque

Les diverses définitions de la rentabilité d'une entreprise

La rentabilité est un rapport entre ce que l'entreprise génère comme revenus et les coûts engagés pour les obtenir. Ainsi, si les revenus générés sont supérieurs ou égaux aux charges, l'entreprise sera qualifiée de rentable. À l'inverse, la rentabilité ne sera pas atteinte si les revenus générés par son activité sont plus faibles que les charges engagées.

Cette notion recouvre en réalité plusieurs réalités selon l'angle d'analyse retenu. Un dirigeant ne regardera pas les mêmes indicateurs qu'un actionnaire ou qu'un banquier. Comprendre ces distinctions est indispensable pour évaluer la rentabilité d'une structure et dialoguer efficacement avec chaque partie prenante.

La rentabilité peut être schématisée par le ratio suivant : ce que l'on a obtenu / ce que l'on a investi (voir infra la rentabilité économique et la rentabilité financière).

Rentabilité d'une entreprise

La rentabilité économique

La rentabilité économique permet de mesurer la capacité de l'entreprise à créer de la richesse par son activité :

Rentabilité économique = (résultat d'exploitation - impôts sur les bénéfices) / (capitaux propres + dette financière). C'est une donnée qui intéresse particulièrement les gestionnaires.

S'agissant de la rentabilité économique d'une entreprise, elle traduit sa capacité à produire un revenu en employant ses ressources. Pour un investisseur en revanche, la rentabilité mesure le résultat comparé au capital, c'est-à-dire la capacité de l'entreprise de générer un dividende.

Pour améliorer la rentabilité économique d'une entreprise, cette dernière dispose de plusieurs leviers :

  • Accroître le résultat d'exploitation (réduire les charges, augmenter la production et les ventes par une meilleure productivité ou par de nouveaux investissements) ;
  • Diminuer le BFR (accroître les délais de règlement des fournisseurs, diminuer les délais de règlement des clients et réduire les stocks) ;
  • Réduire les immobilisations brutes sans diminuer la production (d'où une utilisation plus efficiente des immobilisations).

À noter : la rotation des actifs est un levier souvent sous-estimé dans les études de rentabilité. Générer davantage de chiffre d'affaires avec le même volume d'actifs immobilisés améliore mécaniquement le taux de rentabilité économique sans nécessiter de nouveaux investissements. C'est une piste à explorer avant tout recours à l'endettement.

La rentabilité financière

La rentabilité financière va évaluer la capacité de l'entreprise à créer de la valeur par rapport à ses capitaux propres :

Rentabilité financière = (résultat d'exploitation - impôts sur les bénéfices - intérêts versés aux dettes financières) / capitaux propres. Cette donnée intéresse tout particulièrement les actionnaires.

C'est l'indicateur de référence pour les apporteurs de fonds propres : il mesure concrètement le rendement des capitaux propres investis dans l'entreprise. Un taux de rentabilité financière élevé attire les investisseurs et facilite les levées de fonds ; un taux insuffisant peut en revanche freiner toute nouvelle augmentation de capital.

Pour obtenir une meilleure rentabilité financière, l'entreprise peut :

  • Améliorer son résultat ;
  • Réduire ses capitaux propres en souscrivant des emprunts au lieu de procéder à des augmentations de capital (ce qui génère toutefois des risques comme évoqués plus haut).

Le seuil de rentabilité

Il existe deux indicateurs connexes qui définiront le moment où la rentabilité sera nulle :

Il s'agit en premier lieu du seuil de rentabilité (voir outil en ligne de calcul du seuil de rentabilité) qui donne le montant ou le chiffre d'affaires est égal à celui des charges. Ce niveau est appelé le point mort, c'est-à-dire le résultat à partir duquel l'entreprise sera rentable (voir la définition du point mort).

Point mort = (seuil de rentabilité / Chiffre d'affaires) X 365. Ce ratio définit le moment dans l'année où l'entreprise sera rentable. Il repose toutefois sur l'hypothèse que l'activité annuelle est constante.

Connaître son point mort est une boussole indispensable dans le pilotage d'une entreprise : cela permet d'anticiper les tensions de trésorerie, de calibrer les objectifs commerciaux et d'apprécier la marge de sécurité dont dispose la structure face à une baisse de rentabilité conjoncturelle.

Une autre méthode de calcul du seuil de rentabilité lie étroitement le chiffre d'affaires et les charges variables :

Chiffre d'affaires - charges variables = marge sur coût variable (MCV).

Ensuite, la MCV doit être suffisante pour couvrir les charges fixes. Lorsque le MCV - Charges fixes = 0, le seuil de rentabilité est atteint.

La mesure de la rentabilité peut être complétée par la mesure de la rentabilité économique et de la rentabilité financière.

Autre ratio de rentabilité : le ROE

Le ROE - Return On Equity. Un ratio qui s'exprime par le résultat net / Capitaux propres.

Il n'est pas toujours évident pour un chef d'entreprise de déterminer les ratios qui sont les plus pertinents pour piloter son entreprise. Pour ce faire, il pourra demander conseil à son expert-comptable.

D'autres indicateurs complètent utilement l'analyse de rentabilité : l'EBITDA (excédent brut d'exploitation avant dotations aux amortissements), la marge nette, la marge opérationnelle ou encore la capacité d'autofinancement. L'EBIT permet quant à lui d'apprécier la performance économique de l'activité hors effets de la structure financière. C'est un angle particulièrement utile pour comparer des entreprises ayant des politiques d'endettement différentes.

Intérêts et limites de la notion de rentabilité

Plusieurs raisons peuvent être avancées pour calculer la rentabilité d'une entreprise :

  • S'assurer de sa pérennité. Si la rentabilité est bonne, l'entreprise aura assez de ressources pour maintenir son activité.
  • Mettre en place une politique d'investissements permettant de développer sa compétitivité et améliorer la croissance de son entreprise.

Si la rentabilité est négative, cela signifie que les charges sont trop élevées par rapport au chiffre d'affaires. Dans cette hypothèse, il convient d'analyser la structure des coûts et comment il serait possible de les réduire, notamment les charges fixes.

Par ailleurs, les ratios de la rentabilité sont simples à comprendre et à calculer. Ils sont très efficaces pour apprécier le niveau de rentabilité d'une entreprise et offrent une bonne base de comparabilité. Il faut toutefois être prudent. La rentabilité doit s'apprécier sur le long terme, non à la faveur d'une conjoncture favorable temporaire.

De plus, en raison de l'effet de levier de la dette, il est possible d'obtenir une rentabilité financière élevée pour une rentabilité économique faible. Cette situation doit susciter la méfiance, car elle signifie que la rentabilité financière est préférentiellement due à la dette, non à la rentabilité de son activité.

De même, la rentabilité d'une entreprise doit s'apprécier par rapport à celle de son secteur d'activité. En outre, la rentabilité économique ne prend pas en compte la notion de risque et n'est donc pas suffisante pour prendre des décisions financières.

Erreurs fréquentes dans l'appréciation de la rentabilité :

  • Confondre rentabilité et liquidité : une entreprise peut afficher une rentabilité positive tout en connaissant de graves difficultés de trésorerie et de flux de trésorerie négatifs à court terme.
  • Comparer des ratios de rentabilité sans tenir compte des différences sectorielles, de taille ou de structure financière entre les entreprises analysées.
  • Négliger le suivi de la rentabilité prévisionnelle dans le cadre du business plan, alors que c'est précisément ce que scrutent créanciers et investisseurs potentiels.

Conclusion

Analyser la rentabilité d'une entreprise est bien plus qu'un exercice de calcul de ratios. C'est une lecture croisée de plusieurs ratios : rentabilité économique, rentabilité financière, seuil de rentabilité, effet de levier. Cette vision permet de dresser un diagnostic complet de la performance et de la solidité financière d'une structure. Pour être pleinement exploitables, ces indicateurs doivent être mis en regard avec les normes du secteur, interprétés sur la durée et complétés par une analyse des flux de trésorerie et des soldes intermédiaires de gestion.

Mickael.Le.Bour Voir ses publications

Auteur - Mickaël Le Bour

Diplômé de l'institut d'études politiques de Bordeaux, Mickaël a rejoint le ministère des finances en 1995. Après une solide formation en comptabilité générale, il a réalisé des audits comptables et financiers sur des structures publiques et privées. Il a également travaillé sur la réglementation comptable et financière des collectivités locales et sur le projet de certification des comptes des entités publiques locales. Il a aussi participé aux travaux de transposition des normes comptables du secteur privé dans la sphère publique locale. 


Un commentaire peut-être ?

Commentaires

  • Gravatar for Laurent

    Laurent 19 janv. 2023, 09:23 (Il y a 3 année)

    Merci Pierre pour votre remarque. En effet, on ne peut pas parler de rentabilité commerciale dans ce cas. Surtout en reprenant la définition que nous proposons, une rentabilité est : ce que l’on a obtenu/ ce que l’on a investi. Il est vrai que l'on entend souvent employer l'expression de rentabilité commerciale pour ce type de ratio, ce qui n'est pas exact. Ce point dans l'article a échappé à notre vigilance.

  • Gravatar for Pierre Pou

    Pierre Pou 18 déc. 2022, 12:21 (Il y a 3 année)

    Attention il y a une erreur au début : "rentabilité commerciale". Dans ce cas on ne parle pas de rentabilité mais de profitabilité. La rentabilité est TOUJOURS un résultats (eg, résultat net, résultat d'exploitation) divisé par les capitaux investis (cf. définition du Vernimmen)