Actualités et réflexions sur le management et l'entrepreneuriat

Entreprendre dans un monde en mutation

Nous recevons aujourd’hui avec grand plaisir Jacques Arnol-Stephan, à l’occasion de la sortie de son dernier livre.

Jacques, tout d’abord merci d’avoir accepté de répondre à nos questions… Vous êtes, entre autres, administrateur du Réseau Entreprendre Bretagne et membre actif de l’Institut de Locarn. En grand passionné d’entrepreneuriat que vous êtes, vous venez de publier «Entreprendre dans un monde en mutation»…

Pourriez-vous tout d’abord nous parler de votre parcours ?

Je suis ingénieur (Télécom-Paris 77), consultant, coach de dirigeants et de managers, chef d’entreprise et cocréateur — depuis 2005 — du cabinet J2-Reliance.

J’ai commencé ma carrière professionnelle en passant près de vingt ans au sein d’un grand groupe — avec une parenthèse de quelques années dans un Cabinet ministériel. Après plusieurs expériences humaines intenses, dans des postes de Direction, j’ai choisi de me consacrer entièrement à l’accompagnement de ceux qui font vivre l’entreprise, qu’ils en soient les créateurs, les dirigeants ou simplement les salariés… et de créer ma propre société.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à écrire cet ouvrage ?

Trois raisons essentielles : la première, c’est que j’aime l’entreprise. L’entreprise est quelque chose de vital, d’indispensable. Or elle est souvent méconnue et sous-estimée en France.

La deuxième raison est une raison d’actualité : dans une économie en crise, on a besoin de gens qui créent des emplois. On ne peut pas se contenter de se lamenter en regardant les chiffres du chômage. Il faut des gens qui se retroussent les manches et — pour reprendre la formule d’André Mulliez, le créateur de Réseau Entreprendre — qui, « pour créer des emplois, créent des employeurs ».

La troisième raison est encore plus profonde : nous vivons non pas tant une crise économique qu’une véritable mutation. Nos sociétés occidentales ont perdu la maîtrise du monde et sont en recherche de sens. Et je suis convaincu que l’entreprise peut être une réponse à cette quête de sens, à la condition qu’on la reprenne… “dans le bon sens” ! C’est-à-dire comme lieu de création de “valeur” au singulier, certes, mais également de “valeurs” au pluriel : un lieu de socialisation, qui permet de donner un sens à son engagement dans la société ; un collectif ouvert, appuyé sur sa culture et en symbiose avec son territoire.

A qui s’adresse votre livre ? S’agit-il d’un recueil de recettes de l’entreprise ou bien d’un essai témoignage ?

Il s’adresse à celles et ceux qui aiment l’entreprise ou qui ont envie de la découvrir : aux salariés, bien sûr… mais en tout premier lieu à ceux qui ont pouvoir d’influer sur l’avenir de leur entreprise : les créateurs, repreneurs, dirigeants, et plus largement à tout cadre, tout responsable qui a envie d’être acteur dans son entreprise, et pas seulement spectateur.

Livre de recettes ou témoignage ? Ni l’un, ni l’autre… ou un peu des deux. Ce livre s’appuie sur 35 ans de vie professionnelle et porte témoignage de ce que j’y ai appris. A défaut de recettes — dont je ne crois pas beaucoup à la pertinence en matière humaine —, il propose des clés pour “réinventer” l’entreprise, pour lui donner plus de sens, pour être plus efficace dans son management. C’est également un livre de réflexion économique et sociale.

Selon vous, quelles sont les qualités qu’il est nécessaire de posséder pour entreprendre dans le monde actuel ?

La première des qualités, c’est l’envie. Je le mets au titre des qualités : Johnny Halliday chantait « qu’on me donne l’envie, l’envie d’avoir envie… ». Je pense que c’est un point clé. Deuxième qualité qui va avec, c’est le goût de l’aventure : pour entreprendre aujourd’hui, il faut du courage, de l’ouverture, de la capacité d’adaptation. La troisième qualité — c’est même un pré-requis —, il faut aimer les gens : on ne crée pas d’entreprise si on n’aime pas travailler avec des gens, les faire travailler, être en relation avec eux.

Pourquoi entreprendre aujourd’hui ? Dans quel domaine ? Existe-t-il des activités plus porteuses que d’autres ?

Comme je le disais plus haut, nous avons impérativement besoin de créer des entreprises à la fois pour la richesse qu’elles produisent, les emplois qu’elles induisent, le sens qu’elles peuvent donner à notre engagement dans notre société. On sait que ce ne sont plus les grandes entreprises, aujourd’hui qui créent de l’emploi en France, mais les PME : encore faut-il créer des PME !

Une autre raison impérieuse est le fait qu’il y a une quantité impressionnante de problèmes à résoudre — des problèmes essentiels, de base — et que cela va encore s’amplifier avec la croissance attendue de la population mondiale : dans le domaine de la santé, de l’alimentation, du logement, de l’énergie. Il faut créer des entreprises permettant de les résoudre, en misant sur les créneaux que sont, par exemple, les biotechnologies, la valorisation des algues… Comme le suggérait en janvier 2012 l’entrepreneur philippin Oliver Segovia, sur la  Harvard Business Review :

Arrêtez de chercher votre passion. A la place, focalisez-vous sur la recherche des gros problèmes.

Il n’existe pas à mes yeux d’activités véritablement plus porteuses que d’autres — dans la mesure où vous répondez à un de ces “gros problèmes”. Par contre, il est des activités plus accessibles, parce que moins exigeantes en mobilisation de capital : c’est le cas de tout ce qui relève de la matière grise, ou des services de proximité. Il y a encore beaucoup de choses à faire en matière d’informatique, de formation…

Enfin, plutôt que de regarder les domaines d’activité porteurs avec une vue statique, il faut les regarder avec une vue dynamique.

Prenons l’énergie : on ne va pas créer de toutes pièces une nouvelle “EDF”. Mais, pour reprendre l’exemple du parc éolien de Béganne dont je parle dans mon livre, on peut imaginer de créer des entreprises locales fabricant de l’énergie. L’important, c’est de choisir les bons partenaires.

Quels conseils prodigueriez-vous à un créateur en herbe ?

Difficile de prodiguer des conseils valables quels que soit l’âge, l’expérience, le domaine d’activité. Si j’en avais un seul qui vaille pour tous, ce serait : « Allez-y ! Osez ! Et, si possible, ne restez pas seul. Il y a des structures — comme Réseau Entreprendre, différents organismes, des coachs, … — qui peuvent éventuellement vous aider. Mais personne ne fera le premier pas à votre place ».

Un grand merci pour cette interview ! Le livre de Jacques est disponible dans toutes les bonnes librairies, notamment, chez notre partenaire Amazon.

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