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Régime auto-entrepreneur, est-ce vraiment le bon régime pour votre projet ? Comment l’évaluer ?

Autoentrepreneur - © Yuri Arcurs - Fotolia.com

Depuis son lancement, le régime auto-entrepreneur séduit par sa simplicité. Depuis 2009, plus de la moitié des créateurs d’entreprise optent pour le ce régime. C’est vrai que c’est rapide, en quelques jours, vous pouvez démarrer votre activité. Pour autant, dans certains cas, le régime auto-entrepreneur n’est pas le meilleur choix.

D’autant plus que le régime sera bientôt réformé et probablement limité dans le temps (voir le rapport sur l’auto-entrepreneur demandé par le gouvernement et publié le 10/04/2013). Pour créer votre entreprise sans vous tromper, nos experts comptables vous rappellent les limites du statut de l’auto-entrepreneur.

L’immatriculation de l’activité en auto-entrepreneur est rapide (inscription via Internet), il n’y a pas de comptabilité à tenir, pas de TVA à facturer et les charges sociales et impôt sur le revenu sont calculés très simplement en pourcentage du CA.

Une formule tentante lorsque l’on ne maîtrise pas très bien les rouages administratifs et financiers de l’entreprise. Attention, toutefois, ces avantages peuvent dans certains cas compromettre la rentabilité de l’activité.

Statut auto-entrepreneur : pas de charges déductibles

En entreprise individuelle ou en société, un entrepreneur peut déduire de son bénéfice les dépenses nécessaires à son activité. Frais de véhicule, loyers, dépenses de communications, investissements, charges sociales… sont autant de frais qui permettent parfois de réduire à néant l’imposition du dirigeant.

En auto-entrepreneur, impossible de déduire le moindre frais de votre chiffre d’affaires (CA). Vous payez des cotisations sociales et impôt sur le revenu sur chaque euro encaissé.

En clair, plus votre activité nécessite des investissements importants (achats de matières premières, stocks, outillage…), plus le calcul des charges en pourcentage du CA vous pénalisera.

En cas d’activité déficitaire, impossible également d’imputer le déficit sur votre déclaration de résultat et de bénéficier de ce report pour atténuer votre imposition.

Statut auto-entrepreneur : pas de TVA récupérable

L’auto-entrepreneur exerce en « franchise de TVA », il ne facture pas de TVA à ses clients, mais il ne l’a récupère pas non plus sur ses achats.

Dans le cas d’investissements importants cela peut entraîner une perte financière conséquente.

Avantages et inconvénients - © DOC RABE Media - Fotolia.com

Statut auto-entrepreneur : des trimestres de retraite validés en fonction du CA

On s’éloigne du pur calcul de rentabilité du régime auto-entrepreneur. Pourtant, la préparation de la retraite est un paramètre important à évaluer lors de votre lancement. Surtout si démarrez votre activité indépendante en fin de carrière.

En effet, pour valider des trimestres de retraite, l’auto-entrepreneur est soumis à condition de chiffre d’affaires.

Exemple, pour une activité de vente, un auto-entrepreneur doit dégager :
6 357 €  de CA /an pour valider un trimestre de retraite
25 433 €  de CA/an pour valider 4 trimestres de retraite

Par ailleurs, le régime auto-entrepreneur ne permet pas de profiter des avantages fiscaux offerts par les contrats d’assurance Madelin. Grâce à ces contrats, les travailleurs indépendants (BIC ou BNC) peuvent déduire de leur résultat leurs cotisations d’assurance. Un calcul souvent intéressant pour compléter le régime de retraite obligatoire.

Avant de vous lancer, comparez les statuts de création d’entreprise

Si vous souhaitez devenir auto-entrepreneur,  vous devez comparer ces désagréments avec celui d’une création d’entreprise plus classique (entreprise individuelle ou société). Un expert-comptable ou les conseillers de réseaux d’accompagnement à la création d’entreprise peuvent vous aider à évaluer le régime le plus adapté à votre lancement. En règle générale, retenez que le régime auto-entrepreneur est adapté pour les travailleurs indépendants ne souhaitant pas s’associer, ni recruter et dont l’activité nécessite des investissements de faible envergure. Le régime est idéal pour encadrer une petite activité complémentaire ou pour tester une idée avant de la déployer à grande échelle.

Dès que vous comptez faire de votre activité en auto-entrepreneur votre principale source de revenus, vous avez tout intérêt à comparer les différents régimes de création à votre disposition, d’autant plus lorsque votre activité impose des investissements dès son lancement.

Par ECL Direct, leader de la comptabilité en ligne. Comptables, experts comptables, juristes, fiscalistes… plus de 40 conseillers pour vous accompagner dans votre réussite.

2 réactions pour “Régime auto-entrepreneur, est-ce vraiment le bon régime pour votre projet ? Comment l’évaluer ?

  1. Merci pour les informations. Je m’y intéresse un peu donc ça tombe bien. Par contre, est-ce que la CFE est toujours à payer à partir de 3 ans d’activité ou c’est passé à 5 ans comme j’ai récemment entendu ?

  2. Bonjour,

    A ce jour, l’auto-entrepreneur est toujours exonéré de CFE pour 3 ans (année de création et les deux suivantes).

    Le rapport publié récemment par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’inspection générale des finances (IGF) préconise d’intégrer la CFE dans  » le panier des cotisations » et contributions réglées forfaitairement dans le cadre du régime, sous forme d’un prélèvement additionnel. Reste à savoir à partir de quand…

    Des concertations sur la réforme du régime AE avec les différentes organisations représentatives devraient avoir lieu d’ici cet été. Il va falloir attendre pour en savoir plus.

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