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Apprivoiser son trac pour mieux communiquer

tracLe trac… A la fois ennemi redouté et meilleur allié des comédiens et autres orateurs, le trac est l’expression d’une appréhension, d’une peur de décevoir. Cela dénote donc un certain respect des personnes à qui l’on doit s’adresser. En d’autres termes : appréhender une apparition en public est plutôt bon signe ! Ouf !

L’expression « avoir le trac » est apparue il y a un peu plus d’un siècle et demi. L’origine étymologique du nom viendrait du vocabulaire lié au théâtre, de la contraction du mot « tracas » – angoisses – et selon certains, du bruit que ferait le claquement des dents de celui qui a peur…

Les symptômes

Les manifestations physiques du trac sont légion. Lors d’un récent billet, je vous donnais une méthode simple pour convaincre en un minimum de temps et je mentionnais déjà l’une des caractéristiques du trac, à savoir : les mains qui tremblent. Ce serait sans compter sur :

  • les jambes chancelantes,
  • les mains moites,
  • la gorge sèche,
  • l’estomac noué,
  • une transpiration excessive,
  • l’emballement du rythme cardiaque,
  • le rougissement du visage,
  • les fameux trous de mémoire,
  • etc. etc.

La liste n’est pas exhaustive ! Toutefois, si certains de ces phénomènes sont perceptibles, la plupart passent bien souvent totalement inaperçus pour l’auditoire.

Mieux se connaître pour mieux s’accepter

Et c’est là le premier secret : accepter son image et admettre que ces phénomènes ne sautent pas aux yeux de l’assistance et que se focaliser dessus ne fait qu’empirer les choses. Ce qui va finalement rendre votre auditoire aussi mal à l’aise que vous-même. Pas terrible… Il est donc très important de vous accepter comme vous êtes. Chacun a ses petits (parfois grands..) défauts. Ce qui ne fait pas de nous des monstres. Après tout, c’est bien connu : nul n’est parfait !

Le deuxième précepte, découlant naturellement du premier, est que pour minimiser les effets du trac, outre le fait de s’accepter tel que l’on est, il est primordial de préparer son intervention. Cela passe notamment par la rédaction d’un discours en cohérence avec soi-même. A moins d’entrer dans la peau d’un personnage bien particulier, ce qui demande quelques aptitudes théâtrales, vous serez bien plus à l’aise en utilisant des mots, des gestes et des attitudes qui vous sont familières. Être à l’aise avec soi-même, c’est déjà gagner en confiance face aux autres. Plus vous aurez confiance en vous et en votre discours, moins ces petites manifestations vous paralyseront.

miroir

Pour préparer votre intervention et vous familiariser avec votre image, deux solutions : la vidéo et le miroir. La première solution est souvent un choc pour les plus mal à l’aise. Mais je vous assure qu’avec le temps, on s’y fait ! Le miroir a l’avantage d’être à la portée de tous (toutes les salles de bain en sont équipées…). Entrainez-vous à discourir devant l’un ou l’autre.

Par la suite, s’entraîner devant des proches peut être un bon exercice… Imprégnez-vous de votre image et familiarisez-vous avec ce que le miroir ou la vidéo vous renvoie. L’exercice peut paraître périlleux mais il en vaut la chandelle. J’ai vu bien des introvertis sortir de leur coquille et véritablement se métamorphoser après quelques visionnages d’eux-mêmes…

En outre, la vidéo présente l’avantage de mettre en exergue quelques tics de langage (les « euh », « donc », « voilà » et autres ponctuations qui parasitent une allocution publique). Il est important de prendre conscience de ses tics pour les éliminer. Le plus efficace – une fois que l’on est conscient de ses manies orales – étant de les remplacer par des silences. Oui ! C’est aussi « simple » que cela ! Et ça marche ! Ces silences seront autant de secondes d’attention de la part de votre public, suspendu à vos lèvres…

J – 1

Préparer son discours passe également par la visualisation. Très important. La veille de votre intervention, juste avant de vous endormir – ce que l’on fait le dernier quart d’heure avant de s’endormir prédispose la qualité de notre sommeil et le travail en temps masqué de notre cerveau – visualisez-vous face à votre auditoire. Représentez-vous la salle (si vous la connaissez), votre public, votre gestuelle, les mots que vous allez employer… Ce formidable outil qu’est le cerveau fera le reste sans même que vous ne vous en rendiez compte !

Le jour J

Prenez votre temps ! Levez-vous plus tôt que d’habitude pour éviter le stress du retard potentiel. Préparez-vous, organisez votre journée de façon à être le plus détendu possible.

H-15min

Respirez ! Quelques exercices de respiration abdominale suffisent. Inutile de trop oxygéner votre cerveau et de faire une syncope !

Ça y est, le moment tant redouté est arrivé !

Vous voilà sous les projecteurs ! Moment intense.

Près de 95% de la communication passe par la gestuelle et l’intonation.

Voici quelques astuces pour réussir votre intervention :

  • parlez fort. Il n’y a rien de plus rageant que de devoir prêter l’oreille et cela peut induire bien des mauvaises compréhensions, malentendus et j’en passe !
  • parlez lentement (pas trop quand même) et distinctement. Vous n’avez pas de train à prendre et votre public appréciera de ne pas avoir à courir derrière vos mots.
  • mettez de la musique dans votre discours. Ponctuez vos phrases de contrastes dans votre voix pour mieux captiver votre public.
  • déroulez votre discours selon un fil conducteur défini. Appuyez-vous si besoin sur un petit carton sur lequel vous aurez pris soin de noter les points essentiels de votre intervention (2 ou 3 mots par idée, écrits très lisiblement ; plus sera indéchiffrable une fois sur scène)
  • Ne perdez pas l’équilibre. Adoptez la posture « bien campé sur ses jambes ». Cela renverra à l’assistance un signal signifiant que vous maîtrisez la situation. Vous serez crédible.
  • Échangez avec votre public par le regard. Rien de plus agaçant qu’un orateur qui regarde le plafond, pire : ses pieds ! N’oubliez pas que la voix se porte là où le regard se pose… Il faut donc accrocher le regard de plusieurs personnes dans l’assistance, dont une dans le fond de la salle. Cela vous aidera et à vous sentir en confiance, et à parler suffisamment fort et distinctement.

Une fois votre allocution terminée, remerciez toujours l’assistance pour son attention. Ce sont ces petits détails qui font la différence !

allocution

Avec le temps, parler en public deviendra un plaisir, même si le trac sera (normalement) toujours au rendez-vous. Vous aurez simplement appris à le maîtriser !

Sarah Bernhardt a dit un jour que le trac venait avec le talent. Plutôt rassurant, n’est-ce pas ? Et vous, quels sont vos trucs pour combattre le trac ?

 

infoRetrouvez plus d’informations dans la rubrique « Prise de parole » de notre site www.manager-go.com

2 réactions pour “Apprivoiser son trac pour mieux communiquer

  1. Merci Caroline pour ce retour! Je vous souhaite beaucoup de succès dans vos formations! N’hésitez pas à revenir partager vos mises en pratique futures…

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