Actualités et réflexions sur le management et l'entrepreneuriat

Tableau de bord : des indicateurs pour agir et non à contempler…

Savoir choisir les bons indicateursComme un capitaine pour piloter son navire, l’entrepreneur doit se doter d’une batterie d’indicateurs pour l’aider à développer son affaire.

Le pilotage de son entreprise est un passage obligé. Or, il est très facile de passer à côté en commettant quelques erreurs : trop d’indicateurs, un mauvais choix des mesures, etc. Examinons les points incontournables en la matière…

Qu’est-ce qu’un bon système de pilotage ?

Employer le mot « système » peut être trompeur car ce terme peut être associé à de la complexité. Justement, un tableau de bord ne doit surtout pas être complexe ! Cet outil n’est efficace que s’il demeure opérationnel. Combien d’entreprises ont mis au point de véritables usines à gaz sous couvert de système de pilotage ? Ceci étant dit, nous continuerons à utiliser ce terme tout au long de ce billet…

Nous avons également utilisé sciemment plus haut l’expression « batterie d’indicateurs »… Là aussi, cette combinaison de mots exprime une idée de quantité. Alors oui, avoir des dizaines de cadrans sous les yeux rassure ! Cela donne l’impression que tout est sous-contrôle. Mais est-ce vraiment une finalité pour l’entrepreneur que de garder les yeux rivés sur ses tableaux de bord ? Non ! Son objectif est de conduire ses affaires vers le niveau de performance qu’il a défini.

Un autre point… Si vous travaillez sur un outil pour piloter l’action de vos collaborateurs, ne mélangez pas tout ! Un système de pilotage au niveau individuel doit vous aider à les conduire vers la performance. Ce n’est surtout pas l’endroit pour ajouter des mesures d’évaluation personnelle. Il est impératif de distinguer système de motivation et système de pilotage. La finalité n’est pas la même… Pourtant la confusion est fréquente !

Quelles sont les caractéristiques d’un outil opérationnel ?

Principalement deux impératifs :

– la pertinence : les mesures doivent être en relation directe avec la stratégie définie.

– la simplicité et la facilité d’appréhension : comme expliqué plus haut, qui dit opérationnel, dit simple. Si vous devez concevoir une longue procédure pour savoir comment utiliser votre outil, posez-vous la question de sa simplicité ! Il doit être pris rapidement en main et lu en quelques instants. Imaginez le tableau de bord de votre voiture… En un coup d’œil, vous connaissez les paramètres principaux.

– 5 indicateurs au maximum : toujours dans une idée de simplicité, le nombre de voyants doit être limité. Petite précision : « 5 », c’est pour donner un chiffre… En retenir 6 ne mettra pas votre système en défaut si la pertinence prime…

 Quels indicateurs choisir ?

– Retenir des indicateurs explicatifs de performance et non de résultat. Imaginez que votre préoccupation est l’amélioration du chiffre d’affaires. Cette mesure est une finalité, un résultat, mais ne peut pas servir au pilotage. Vous devez remonter aux facteurs explicatifs pour déceler des indicateurs de pilotage opérationnel.

Reprenons notre exemple : pour un vendeur, son chiffre d’affaires est dépendant du nombre de propositions commerciales qu’il établit, de leur taux de transformation et du nombre de visites qu’il fait. 3 mesures qui ont un impact sur son chiffre d’affaires. Pour chacune, un objectif doit être fixé. Dans notre cas, si le nombre de propositions est faible, le vendeur doit peut-être se questionner sur ses sélections de prospects. Si son taux de transformation est mauvais, sans doute quelques points en matière de techniques de vente sont à améliorer. Enfin, si le nombre de visites est inférieur à ce qui est défini, le commercial doit redoubler d’efforts pour rencontrer le plus de clients potentiels.

Avec cette illustration, vous voyez comment des indicateurs de pilotages peuvent déclencher de véritables actions…

– des mesures simples, accessibles, sans ambiguïté. Il n’existe rien de tel que des mesures approximatives pour annihiler toute forme d’action. La fiabilité est de mise. Une fois le tableau de bord sous les yeux, il est trop tard pour  s’interroger sur le choix et la définition des indicateurs.

 En conclusion, en respectant quelques règles simples, vous construirez un tableau de bord pertinent, efficace et opérationnel pour conduire vos actions !

3 réactions pour “Tableau de bord : des indicateurs pour agir et non à contempler…

  1. Bonjour, pertinence et simplicité sont en effet de très bon critères de choix d’indicateurs clés pour piloter son entreprise. Il est a noter également que l’indicateur doit permettre une action correctrice derrière, il est inutile de mesurer des choses sur lesquelles l’entreprise n’a aucun pouvoir d’amélioration, et que le choix de la présentation de l’indicateur est très important, afin qu’il puisse être interprété et mis à profit par le reste des collaborateurs.

  2. Merci pour votre commentaire.
    Oui, c’est important de le souligner une fois de plus : les indicateurs doivent permettre une action correctrice. C’est l’essence même du terme « pilotage ».

  3. Le rêve de tout manager : arriver le matin, allumer l’ordinateur et voir apparaître en direct, pour l’activité de la veille ou mieux celle en cours, des couleurs vertes, oranges ou rouges sur chacun des 3 ou 4 indicateurs majeurs. Rien de plus. Et bien sûr prendre des décisions en conséquence, sans perdre de temps. Simple ? Et pourtant aucun applicatif ne le fait !
    On crée des usines à gaz là où le décideur n’a besoin que d’informations simplissimes afin de mettre sa matière grise sur toute autre chose que du décryptage…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.