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L’empowerment : arme de séduction et de fidélisation face à la jeune génération ?

© alphaspirit - Fotolia.com
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Pour toute entreprise désireuse de rester pérenne sur le long terme, embaucher des jeunes est une évidence.

Or si pour cela, le savoir doit être intelligemment transmis, cela ne se fait jamais assez rapidement pour la « génération internet » qui n’hésite pas à tourner les talons, lassée de devoir faire ses preuves, encore et toujours, sans que cela n’aboutisse réellement quelque part avant plusieurs années.

Ces jeunes faisant partie de la génération Y, comme on la surnomme, veulent tout et rapidement, notamment une reconnaissance de leurs compétences (voir étude Ipsos) et l’autonomie qui devrait en découler. Ils veulent leur place dans notre société. Ils veulent être acteurs de leur vie et non simples spectateurs.

En éprouvant le monde de l’entreprise, comme leurs ainés, ils découvrent un mode de fonctionnement bien différent de celui auquel ils ont été habitués depuis tout petits sur les bancs des écoles. Ils se savent prêts, ont une motivation exacerbée, fourmillent d’idées novatrices. Bien vite, toutes leurs belles espérances sont écrasées, reléguées au rang d’idéaux inatteignables.

Alors ils regardent ailleurs, se renseignent sur l’état d’esprit régnant dans cette éventuelle entité et sautent sur la première occasion de s’évader, avides de liberté et prêts à exprimer pleinement leur potentiel. Ils ne sont pas pour autant naïfs. Bien au contraire, ils sont lucides et ont bien acquis qu’il allait leur falloir accepter un job différent de celui qu’ils avaient projeté, un salaire inférieur à leurs prétentions initiales, etc. La « précarité » ne les effraie pas. Quitter un job pour un autre totalement différent, voire DES autres, ne les rebute pas. Ils ne sont pas et ne veulent pas être enfermés dans les cases bien définies de leurs ainés.

La génération papillon

Ces jeunes à qui l’on a accolé l’attribut « Y » ne se contenteront pas d’un seul employeur. Ils sont ainsi. Ils portent en eux ce besoin irrépressible d’aller voir ailleurs si l’herbe ne serait pas plus verte dès que sa situation ne les satisfait plus totalement et prônent le changement. Ils papillonnent de job en job, mais aussi de domaine en domaine, de région en région, de pays en pays… Une recherche perpétuelle d’épanouissement personnel et professionnel, l’un n’allant pas sans l’autre. Difficile de réfréner leur envie, leur soif de connaissance et de nouveauté. Ces collaborateurs-là maitrisent les réseaux sociaux et le web à la perfection. Ils en connaissent toute la puissance et savent les exploiter efficacement.

Ces « digital natives », comme les nomment encore les Américains, ont besoin de comprendre (d’où leur nom usuel de « Y », diminutif de « Yers », qui, en phonétique anglo-saxonne donne les why-ers : « ceux qui veulent savoir pourquoi »). Alors si on ne leur donne pas l’information qu’ils attendent, ils se tournent vers l’encyclopédie qui ne les quitte jamais. L’information, quelle qu’elle soit, leur est à portée de main. Un simple clic, un écran qu’il suffit d’effleurer et le monde s’ouvre à eux.

Nombre d’entre eux ont compris que pour pouvoir vivre dans un monde qui leur ressemble, l’un de leurs saluts passe par la création d’entreprise, les nouvelles technologies et un lieu prêt à les accueillir. C’est ainsi que, bien souvent, ils s’évadent vers d’autres contrées plus ouvertes. Quel gâchis !

Opération séduction auprès des Y

Lucides quant au marché de l’emploi et au monde du travail, ils ont acquis un certain recul quant à leur vie professionnelle. Ils recherchent avant tout un épanouissement et un équilibre que peu d’entreprises savent leur donner. Horaires flexibles, vies professionnelles et privées intelligemment liées (inutile de leur demander de se déconnecter de leurs réseaux pendant leurs heures de travail, mais pas de panique : ils savent gérer et atteindre l’objectif fixé, quitte à rester certains soirs plus tard au bureau), nourriture intellectuelle (soif d’apprentissage intarissable), flexibilité, autonomie… Voilà quelques-unes de leurs exigences en matière d’emploi. Rares sont les entreprises capables de leur offrir tout cela. D’où leur zapping professionnel !

Certaines ont toutefois fait le pari de cette nouvelle génération. Elle en ont compris le potentiel extraordinaire et ont décidé de se mettre au goût du jour et de leur faire confiance. En exprimant leur croyance en eux, elles ont déployé l’arme fatale capable d’attirer ces jeunes gens. La confiance… Ces Y qui en ont tant besoin ne résistent pas à l’appel ! Quelques ingrédients supplémentaires et voici l’empowerment, savant mélange de confiance, d’autonomie et de vision globale de l’entreprise.

Fidéliser la jeune génération : mission impossible ?

Malgré leurs facettes zappeuse et joueuse, la génération Y n’en est pas pour autant une meute de chiens. Ils savent être reconnaissants envers celles et ceux qui leur donnent leur chance et misent sur eux. Un de leurs credo : que chacun trouve son compte dans la relation. Ils ne décevront pas celui qui les comprendra et leur ouvrira son entreprise.

Ainsi, le manager qui aura su instaurer un esprit d’équipe au sein de ses collaborateurs, tout en leur offrant une vision (un contexte, un objectif, des paramètres à prendre en considération), une autonomie (signifiée par une marge de manœuvre et un esprit suffisamment larges) ainsi qu’une confiance leur permettant de s’approprier les missions, pourra tirer le meilleur parti de cette génération émergente. Car les Y adorent prendre des initiatives ! Une caractéristique qui découle de leur esprit d’entreprendre. Toutefois, ils aiment également savoir où ils vont et s’ils font bien. D’où la nécessité de la mise en place d’un feedback informel régulier entre le manager et ses jeunes troupes !

Bercés et élevés au contact de communautés diverses et variées, virtuelles ou non, ils ont l’esprit d’équipe et d’entreprise. S’ils pensent épanouissement personnel, ils pensent également groupe. Ainsi, si leur direction sait leur donner la parole, ils sauront comment tirer profit du mix des générations, prenant le meilleur de chacun et faisant en sorte d’être complémentaires à leurs ainés et non ennemis plus ou moins déclarés.

Forte de ce pouvoir, de cette confiance et rassurée quant à ses compétences et capacités, la génération Y ne demandera qu’à s’épanouir. A l’entreprise qui l’emploie de savoir la nourrir ! Efficacité garantie !

 

Pour aller plus loin :

empowermt_xs Y_xs
Empowerment Génération Y

5 réactions pour “L’empowerment : arme de séduction et de fidélisation face à la jeune génération ?

  1. C’est intéressant que les RH se demandent comment fidéliser les jeunes, alors même que ceux-ci seraient en droit de penser qu’il n’est pas aisé de trouver un emploi « stable » à relativement long terme…Ou peut-être parlez-vous de fidélisation à 2-3 ans ? La nouvelle génération butine-t-elle tant que cela ?

  2. Merci pour cet article très pertinent sur le « fonctionnement » et les ambitions de cette génération Y et comment l’entreprise peut et doit s’y adapter.

    De nombreuses entreprises, encore frileuses au changement ont du mal à prendre le virage de s’adapter à ces jeunes connectés toujours en mouvement qui sont pourtant un atout remarquable si on leur donne les moyens d’exprimer leur potentiel, comme vous le dites parfaitement dans cet article.
    Cette frilosité des entreprises dans la confiance portée à cette génération fait qu’ils sont de plus en plus nombreux à souhaiter l’indépendance et à créer leur propre structure. Est-ce un bien ou un mal, l’avenir nous le dira !

    En tout cas, votre blog est une bonne découverte 😉

    A bientôt,

    Marc

  3. Bonjour Marc,
    Merci pour ce retour. Ravie que l’article vous ait plu!
    Dans quelques dizaines d’années, le paysage professionnel sera, à n’en point douter, bien différent de celui d’aujourd’hui. Bien ou mal… Difficile de savoir, en effet. Tout dépendra de l’angle de vision adopté. Soyons positifs (ou idéalistes ?! ;-)) et gageons que chacun aura su apprendre de ses erreurs et s’enrichir des différences!
    A bientôt!

  4. Bonjour Vincent,
    Merci pour ce retour. Disons qu’il serait bien dommage de voir partir un jeune ayant du potentiel et ne demandant qu’à s’investir et être reconnu, tout cela parce qu’on n’aura pas su le retenir… et qu’il aura fini par trouver mieux ailleurs (parfois à l’étranger).
    A bientôt pour de nouveaux échanges!

  5. Bonjour,

    j’ai trouvé votre article très intéressant. Le sujet est vraiment d’actualité, le manque de confiance réciproque et d’autonomie étant pour moi les facteurs qui vont pousser les jeunes à quitter un emploi pour trouver mieux.
    Espérons, comme vous le dîtes, que le paysage professionnel évoluera dans les années à venir.

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