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Qu’est-ce que le Growth Hacking ?

Growth Hacking, le livre

Le Growth Hacking est un sujet brûlant dans le domaine du digital. Mais que se cache-t-il derrière cette appellation peu évocatrice pour beaucoup ? Nous avons demandé à Frédéric Canevet, coauteur de l’ouvrage “Le Growth Hacking » de nous apporter un éclairage sur le sujet.

Frédéric, peux-tu nous dire ce qu’est le Growth Hacking ?

La définition littérale du Growth Hacking est de “pirater sa croissance”.

Dans les sources du Growth Hacking, il y a les start-ups américaines qui se sont développées dans un environnement concurrentiel très dur, avec peu de moyens, peu de trésorerie… mais de grosses ambitions et surtout une bonne dose d’ingéniosité et de rigueur.

Dans un environnement contraint, il n’y a pas d’autre choix que d’être astucieux si on en veut sortir du lot.

Personnellement, j’appelle cela depuis des années “faire de l’efficacité maximale”.

Ma définition du Growth Hacking est donc de mettre en place une stratégie visant à obtenir une croissance forte et rapide, en détournant le système pour un résultat maximal avec un minimum de moyens.

Définition

Il y a donc deux termes très distincts et très différents dans la définition du Growth Hacking :

  • Hacking:  c’est-à-dire détourner les règles, utiliser des systèmes intelligents et astucieux, souvent automatiser des choses… c’est ce que l’on voit le plus fréquement, et c’est un peu la partie émergée de l’iceberg du Growth Hacking. Ce sont toutes ces techniques, tous ces logiciels… qui sont à la limite du légal et qui permettent d’aller capter rapidement des clients. C’est par exemple Airbnb qui, au début de sa croissance, a capté une partie du trafic de Craigslist ( l’équivalent du site de petites annonces leboncoin en France). Airbnb avait mis en place un petit moteur qui allait contacter automatiquement les personnes qui déposaient des annonces sur Craigslist pour leur proposer de déposer une annonce sur Airbnb.
    craigslist
  • Growth : C’est une méthodologie qui doit assurer la croissance durable et pérenne de l’entreprise. Pour cela le cycle de vente est modélisé et l’on cherche à optimiser les endroits où la conversion est la moins bonne. Pour cela on utilise un cycle de vente type, le tunnel AARRR.Tunel AARRR C’est un outil très basique mais qui permet au moins de visualiser très rapidement où porter ses efforts en priorité. Une fois que l’on a identifié l’endroit où il faut procéder à une optimisation de manière prioritaire, le but est de faire foisonner les idées, puis de choisir de manière rationnelle les meilleures solutions. Pour faire les bons choix, il y a la méthode ICE  qui consiste à pondérer chacune des idées et à choisir les meilleures.
    Démarche

En termes de Growth Hacking, il existe également plusieurs profils, tout comme dans d’autres secteurs comme par exemple le référencement ou encore le sport.

Profils

  • Le white hat Growth Hacker qui utilise des méthodes  légales, mais astucieuses, en particulier les outils d’automatisation et la modélisation du tunnel de vente.
  • Le gray hat Growth Hacker  qui flirte un petit peu avec la réglementation. Par exemple en partant du principe tout ce qui n’est pas  interdit est autorisé, ou qui profite des flous dans les règlements.
  • Le black Growth hacker qui a peu de respect pour les lois, selon le principe pas vu pas pris. C’est souvent la caricature même du growth hacker. Le geek qui code ses propres outils et qui spamme ses contacts.

Le Growth Hacking se distingue aussi par une recherche permanente de nouveaux outils, de nouvelles failles dans le système…  pour détourner le trafic à son avantage.

Traditionnellement, le Growth hacking a pour objectif de détourner une partie du trafic du leader établi sur le secteur. C’est un peu une lutte de David contre Goliath, David essayant le détourner un maximum le système à son avantage, en cassant les codes.

Au niveau français de nombreuses entreprises l’appliquent depuis des années. Par exemple le site d’emploi Keljob  qui avait aspiré toutes les offres d’emploi de ses concurrents sans leur autorisation au départ…

Il y a eu en revanche quelques gros échecs, car à détourner le système on peut avoir parfois des problèmes si on se fait prendre…  Napster en est un exemple très ancien.

Le Growth hacking n’est donc pas nouveau, c’est juste un mot qui a enfin officialisé des pratiques.

Pourquoi avoir écrit un ouvrage sur ce sujet ?

L’origine du livre vient de Dunod, mon éditeur, qui m’avait demandé d’écrire un livre sur le blogging. Or j’ai trouvé que le sujet était déjà bien couvert alors qu’il n’existait rien du tout sur le Growth Hacking.

J’ai donc décidé de choisir ce thème, à la fois parce que c’était une technique qui me passionnait, mais également pour me positionner sur le sujet.

En effet, il faut être honnête, il devient de plus en plus difficile d’être visible sur Internet lorsque l’on est seul. Le fait d’écrire un livre génère automatiquement de la notoriété et du trafic.

La genèse du livre vient donc à la fois d’une envie d’expliquer ce qu’est le GrowthHhacking, et moi aussi de me perfectionner, mais aussi Growth hacker le Growth hacking…

Peux-tu nous donner un exemple d’une opération qui a été très efficace ?

Il convient de distinguer deux types d’actions :

  • Les actions de hacking, souvent celles qui sont les plus reconnues et les plus visibles.  En effet toutes les start-ups et les grandes entreprises recherchent la formule magique qui va générer automatiquement des prospects. Pour cela je recommande plutôt des outils d’automatisation, à utiliser bien sûr avec modération car automatiser à outrance n’est pas efficace. Il faut toujours mesurer ses résultats, et mettre une dose d’humain et de relationnel.  Toutes les personnes qui ne font qu’automatiser sans réfléchir à la stratégie, vont tôt ou tard à l’échec. Je citerai donc 3 -4 outils très pratiques, par exemple LinkedIn helper  sur linkedin, combin sur Instagram, twack.it sur Twitter et le plugin Toolkit For Facebook Sur Facebook.
  • Les actions de croissance (growth),  qui consistent tout simplement à analyser son tunnel de conversion et comment performe son cycle de vente. Personnellement j’utilise cet outil toutes les semaines pour analyser mes actions, et ce que je dois optimiser en priorité sur mes différents blogs. J’ai ainsi multiplié par 2 la conversion d’un petit site sur la génération de trafic sur le domaine du CRM en appliquant cette méthode.

Selon toi, comment va évoluer le Growth Hacking dans l’avenir ?

Le Growth Hacking est un phénomène qui va perdurer, en effet toutes les entreprises, tous les entrepreneurs… sont désormais tous à la recherche de la solution miracle pour être visible.

En cela le Growth Hacking est on ne peut plus séduisant,  surtout qu’il existe désormais un marché mondial des outils marketing, et toutes les semaines de nouveaux outils sont disponibles.

En parallèle les Growth Hackers les plus avancés apprennent à coder et à réaliser eux-mêmes leurs propres outils, ce qui crée une émulation très importante dans cette communauté.

Cependant cela nécessite d’être toujours à l’affût, sachant qu’il ne faut surtout pas perdre de vue la stratégie globale et ne pas juste rester dans une série de coups marketing.

Personnellement, je vois plus le Growth hacking évoluer vers une notion de « growth », c’est-à-dire de croissance. Le « hacking » sera victime à la fois, de la démocratisation des outils, et des lois de plus en plus restrictives ( en particulier la loi rgpd  qui va permettre de réguler les mauvaises pratiques du secteur).

 

À propos de l’auteur :

Frédéric Canevet a plus de 20 ans d’expérience en marketing,  à la fois en termes de structuration du marketing produit en B2B,  mais aussi en webmarketing. Il a coécrit le livre “Le growth hacking”  en 2017, et il anime depuis 2006 le blog conseilsmarketing.com qui rassemble tous les jours 10 000 visiteurs.

 

L’ouvrage est disponible chez notre partenaire Amazon

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