L’international, une évidence stratégique pour les entreprises ! Oui mais….

Publié le 01/07/2016 - Frédéric MORELLE
internationalisation

S’il est maintenant acquis pour tous les entrepreneurs que l’ouverture internationale est une question de survie dans de nombreux domaines, il reste néanmoins une réalité bien établie : s’internationaliser ne s’improvise pas !

Effectivement, face à l’inéluctable mouvement de mondialisation, rares sont les acteurs économiques qui ne sont pas convaincus par cette nécessité d’étendre son marché au-delà des frontières. Que ce soit pour vendre, pour s’approvisionner ou encore pour fabriquer, le processus d’internationalisation de l’activité est une tendance de fond et concerne aussi bien les grandes entreprises que les ETI ou encore les PME. 2015 s’était d’ailleurs finie en voyant le nombre d’entreprises exportatrices en augmentation (+3.1 % par rapport à 2014), soit environ 125 000 entreprises.

Cependant, l’aventure internationale demande une véritable réflexion stratégique.

Un monde professionnel complexe, aux compétences multiples !

En effet, en dehors du problème évident de l’éloignement physique des  partenaires, l’une des difficultés que rencontrent les entreprises face à l’envie d’aller hors de leur territoire est la complexité du milieu.

Une complexité qui s’aborde sous différents angles :

  •  Un jargon difficile à maîtriser pour les néophytes de l’import-export !

    Un vocabulaire spécifique fait d’acronymes (ex : OEA), d’expressions anglo-saxonnes (ex : Air waybill), ou d’un vocabulaire technique (ex : facture consulaire) ; il est difficile de comprendre les professionnels du milieu sans avoir une connaissance pointue de « comment dire les choses ».
  • S'internationaliser fait appel à une multitude de domaines  

    Ce deuxième aspect peut rendre délicate l’approche du monde de l’international. Faire du commerce international c’est maîtriser des notions d’économie pour appréhender le potentiel d’un pays ; de marketing pour comprendre comment adapter son offre aux particularités d’une demande étrangère ;  de logistique pour choisir le moyen de transport le plus efficace et au moindre coût ; de droit pour la rédaction d’un contrat de vente ou pour un recours contre un client (ou fournisseur) qui n’exécute pas un accord, de géopolitique pour analyser les risques liés à certaines régions du monde…  et la liste n’est pas finie !
  • L’international est rarement un projet que mènera seule l’entreprise

    La mise en place d’une chaîne logistique en amont ou en aval de l’activité de l’entreprise demandera la plupart du temps l’intervention d’un nombre d’acteurs plus ou moins important suivant les domaines d’activité. Pour la logistique par exemple il peut exister de nombreux intermédiaires  comme des commissionnaires, des transitaires ou encore un ou des transporteurs selon les cas.
    La sortie des marchandises de l’Union européenne demandera d’avoir comme interlocuteur l’administration douanière pour être en conformité avec une réglementation contraignante.

 

De même que l’activité internationale peut nécessiter des besoins financiers spécifiques ou encore une assurance particulière qui demanderont l’intervention de spécialistes de ce domaine.

Enfin, envisager de travailler avec l’étranger peut également être l’occasion de côtoyer des organismes nationaux ou internationaux pour obtenir de l’aide, des conseils, des autorisations…

Le paradoxe du système français !

La France peut se vanter d’être un pays très bien doté en termes de dispositifs et d’aides en tout genre pour favoriser le développement international des entreprises. On pourrait même dire trop bien doté ! Et c’est là le paradoxe de notre pays. Les dispositifs d’aide à l’export se sont développés de manière anarchique depuis de trop nombreuses années en France. Sujet très politique, les mesures, les organismes et autres subventions se font et défont aux grès des gouvernements qui se succèdent. 

Entre la multitude de structures privées et la jungle des organismes publics, la difficulté d’une entreprise aujourd’hui n’est pas d’avoir de l’aide, mais de savoir laquelle lui convient et à qui s’adresser.
Certes depuis janvier 2015, la création de Business France va dans le sens d’une clarification de l’offre dans le domaine de l’accompagnement des entreprises dans ce domaine. 

f Morelle

Auteur - Frédéric MORELLE -    

lexique commerce international

Frédéric Morelle est professeur de l’Education Nationale, spécialisé en commerce international, formateur en marketing en formation continue et fondateur du site « Le Dico du commerce international ».

Il a publié en octobre 2013, « Lexique du commerce international » aux éditions Ellispes.

Son site : Le Dico du commerce international (www.glossaire-international.com)

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