Comment négocier une augmentation de salaire ?

Maj le 21/01/2019 par l'équipe de Manager GO!

Découvrez les clés pour réussir votre négociation salariale : vos motivations, le choix du moment propice pour entamer les discussions, les étapes à suivre pour mettre toutes les chances de votre côté.

Chaque partie possède sa stratégie pour tirer les débats dans son sens. On ne saurait rappeler les enjeux pour chacun : d'un côté, obtenir un niveau de rémunération satisfaisant et compatible avec ses objectifs personnels et de l'autre, maîtriser sa masse salariale , conserver une cohérence dans son système de rémunération tout en gardant ses salariés impliqués.

Cette thématique se place du point de vue du collaborateur, pour l'employeur voir le thème dédié à l'augmentation des rémunérations.

Comment aborder le sujet ? Quelles étapes suivre ? Que faire en cas de refus ?

Vous trouverez sur cette page des éclairages fort utiles pour mettre au point votre stratégie. Si nous avions un seul conseil à vous donner, ce serait de vous mettre à la place de votre patron et d'imaginer quelles seraient les raisons qui le pousseraient à vous accorder une augmentation de votre rémunération.

Pourquoi demander une augmentation salariale ?

Plusieurs situations justifient de parler chiffres avec l’employeur.

La rémunération est inférieure au minimum légal.

La loi et les conventions collectives imposent aux employeurs de respecter un niveau de salaire minimum. En deçà du SMIC ou du minimum conventionnel, l’employeur est en situation irrégulière. Dans cette situation :

  • Le salarié n’a pas besoin de négocier une augmentation de salaire : sur simple demande, l’employeur a l’obligation d’ajuster sa rémunération à hauteur du montant conventionnel ou légal. L’employeur doit en outre verser un rappel de salaires ainsi que des dommages et intérêts.
  • A défaut de satisfaction, le salarié peut introduire une action devant le Conseil de Prud’hommes. Une rémunération inférieure au SMIC ou au minimum conventionnel constitue en outre un motif de prise d’acte de la rupture du contrat de travail par le salarié.

Le salarié estime que son salaire est insuffisant.

De nombreuses raisons peuvent inciter le salarié à demander une revalorisation de son salaire. Il est important de prendre précisément conscience de ces raisons, car elles peuvent servir d’arguments pour convaincre l’employeur.

  • Eu égard à des critères objectifs – ancienneté dans l’entreprise, expérience professionnelle, niveau de responsabilité… – le salarié se sent défavorisé par rapport à des collègues ou amis occupant un poste dans des conditions similaires.
  • Le salarié réalise que l’entreprise se développe et estime qu’il participe activement à ce succès, il trouve injuste de ne pas être rétribué en conséquence.
  • Le salarié est « chassé » : une entreprise concurrente lui propose un poste à des conditions salariales plus intéressantes.

Quelle que soit la raison à l’origine des prétentions salariales à la hausse, il est rare que l’employeur offre spontanément une augmentation. Le salarié doit se rompre à l’exercice délicat et anxiogène de la négociation.

Choisir le bon moment pour négocier son augmentation de salaire

obtenir augmentation min

Pour mettre toutes les chances de votre côté, vous avez intérêt à attendre un contexte propice. Plusieurs occasions se prêtent particulièrement à négocier une augmentation de salaire :

  • L’employeur est mieux disposé à accorder une augmentation lorsque l’entreprise traverse une période de croissance.
  • Il apparaît justifié de prétendre à une hausse salariale lors d’un entretien annuel d’évaluation ou d’une évolution de poste, ou au terme d’une formation professionnelle qualifiante.

A contrario, il est préférable d’éviter d’entrer en négociation, ou du moins de retarder la demande, dans les cas de figure suivants :

  • Pendant les périodes de forte activité – l’été dans une station balnéaire, par exemple – l’entreprise est sous pression et l’employeur n’a pas nécessairement envie de se préoccuper de ce sujet.
  • L’entreprise licencie ou restreint ses budgets : le salarié a peu de chances de voir aboutir sa demande d’augmentation.

Les étapes de négociation de l’augmentation de salaire.

1. Demander un entretien.

A moins de profiter de l’entretien annuel d’évaluation, sollicitez un rendez-vous auprès de votre supérieur ou du service des RH.

Selon les managers et les cultures d'entreprise - Il n’est pas nécessaire de formuler de manière explicite l’objet de la demande. Vous pouvez vous contenter d’annoncer, moins brutalement, que vous souhaitez faire le point sur votre situation professionnelle : l’employeur comprendra très bien qu’il s’agit de négocier une augmentation de salaire. Mais dans d'autres cas, une approche franche sera appréciée...

2. Préparer l’entretien.

Vous devez être convaincant. Dans cette optique :

  • Préparez-vous psychologiquement : vous devez être vous-même convaincu du bien-fondé de vos prétentions. Négocier une augmentation de salaire sans y croire est voué à l’échec.
  • Déterminez précisément vos prétentions salariales : vous devez être en mesure d’avancer un chiffre précis. Attention : pensez en brut et non en net. Il est également important d’envisager d’autres formes de valorisation : primes, avantages en nature, intéressement ou aménagements du temps de travail par exemple. Dans l’hypothèse où l’employeur refuse d’augmenter la rémunération, il est ainsi possible de rebondir immédiatement.
  • Préparez des arguments forts pour négocier votre augmentation de salaire : il est judicieux de construire vos arguments et de les répéter, pour vous en servir sans difficulté au moment de l’entretien, généralement source de stress. Plus les arguments sont précis, plus les négociations sont faciles, c’est pourquoi il est intéressant de pouvoir s’appuyer sur des chiffres ou autres preuves tangibles. Exemples : vous avez dépassé vos objectifs à hauteur de X%, le taux de satisfaction client a augmenté et vous le prouvez en produisant des statistiques d’enquête, votre N+1 témoigne de votre force de proposition, vous exposez les nouvelles tâches qui vous sont confiées et qui augmentent votre charge de travail…

3. Assurer l’entretien.

L’employeur doit être convaincu que vous êtes une réelle valeur ajoutée dans l’entreprise, et que vous méritez une haute considération. C’est dans cet état d'esprit que vous devez arriver à l’entretien : positif, sûr de vous, calme et précis dans vos arguments.

Une attitude vindicative ou un salarié dans l’affect est moins convaincant, et risque même d’irriter l’employeur.

Les bonnes pratiques pour négocier votre augmentation de salaire :

  • Exposez vos arguments, puis posez des questions à l’employeur pour obtenir son aval. Exemple : « mes collègues me considèrent comme un moteur dans la mise en place des nouveaux projets, qu’en pensez-vous ? ».
  • Laissez un temps de parole à l’employeur, écoutez-le et rebondissez de manière appropriée.
  • Parlez sans crainte et sans tarder des prétentions salariales. Exemple : « je pense à une revalorisation à hauteur de X € bruts, cela me semble adapté au vu de mes performances. »
  • Ne refusez pas d’emblée une augmentation de salaire inférieure aux prétentions de départ.
  • Faites des propositions fortes pour les mois suivants, pour prouver à l’employeur que votre motivation demeure intacte.
  • Si les négociations n’aboutissent pas comme vous souhaitez, n'hésitez à demander pourquoi l’employeur refuse l’augmentation de salaire, et comment faire pour l’obtenir.


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