Attitude + Comportement = Leadership

Publié le 04/12/2014 - Mis à jour le 15/09/2017
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Dans la vie comme dans l’entreprise et particulièrement celles où se pratique le management entrepreneurial, leadership, attitude et comportement sont les trois facettes d’une même posture, le premier étant la conséquence des deux autres.

Tout d’abord, ne confondons pas leadership et management. Un bon manager n’est pas forcément un leader. « Leader » et « Manager » n’ont pas la même origine étymologique.

« Leader » est un vieux mot anglo-saxon qu’on retrouve dans tout le nord de l’Europe et qui veut dire : route, chemin, la trace d’un bateau sur la mer.

« Manager » vient du latin « manus », la main qui tient l’épée, la barre, les rênes d’un cheval.

Les Managers font bien les choses. Les Leaders prennent les bonnes décisions. S’il est bien sûr impératif que tout chef d’entreprise soit aussi un manager compétent, en mesure, entre autre, d’administrer et de contrôler, il faut, avant tout, qu’il sache se comporter en leader, inspirant les autres, suscitant l’enthousiasme et l’engagement, capable de former des équipes et de les faire travailler à l’unisson.

Il sait définir les valeurs de l’entreprise et les faire respecter, être reconnu comme son architecte social. Savoir conduire, savoir commander, c’est d’abord savoir insuffler à d’autres le désir de travailler ensemble, sous sa conduite, dans le but d’atteindre un objectif commun.

Le management est la concentration sur la dernière ligne du compte de résultat (« the bottom line », disent les américains). Le leadership, c’est la première ligne. Que veux-je accomplir ?

Le leadership ne nait pas d’un pouvoir délégué mais d’une reconnaissance. On reconnaît un leader à sa capacité à faire grandir son entourage, à mieux faire travailler ses collaborateurs, à susciter en eux l’envie de travailler avec lui. Ce n’est ni la mise en scène de son propre égo, ni de la coercition. Au contraire, un leader sait s’entourer de gens plus forts que lui car il a, avant tout, une grande confiance en lui et n’a nul besoin de se mettre en avant. Le leadership se révèle au travers de sa simplicité, de sa sincérité et de son courage dans la conduite des hommes.

Qu’est-ce qu’un vrai leader ?

  • Un leader crée des ruptures. Il n’y a pas de leadership quand, comme le font malheureusement les hommes politiques, on ne gouverne qu’en fonction des sondages d’opinion.
  • Un leader a confiance en lui ; il ne se compare pas ; ses convictions sont profondes ; il a une vision et une passion et sait les faire partager.
  • Un leader aime apprendre ; il aime l’innovation ; il sait dépasser les limites de sa zone de confort.
  • Un leader ne cherche pas d’excuses, il trouve des opportunités ; il n’a pas besoin de titre, son autorité est naturelle ; les obstacles sont pour lui l’occasion de trouver d’autres voies.
  • Un leader choisit d’abord ce qui est bon pour l’entreprise, assume la responsabilité de ses décisions, communique lui-même ses choix, se concentre sur les opportunités plus que sur les problèmes, évite de passer son temps dans des réunions improductives et préfère dire « nous » que « je ».
  • Un leader sait inspirer les membres de son équipe afin qu’ils deviennent, à leur tour, des leaders.
  • Un leader, enfin, c’est Bonaparte au Pont d’Arcole, prenant tous les risques, relevant et brandissant un drapeau, se précipitant à la tête de ses troupes pour leur faire franchir un pont, quitte à tomber à l’eau.

Construire son leadership

Pour construire son leadership, il faut :

  • Savoir écouter. Qu’il s’agisse des clients, des fournisseurs, des banques ou des employés, ils doivent être écoutés attentivement et avec empathie. Ne confondons pas empathie et sympathie. La sympathie est une forme d’approbation, un sentiment, une émotion, une dépendance. L’empathie est la profonde volonté de comprendre, pas forcément d’approuver.
  • Découvrir les aspirations et les besoins de ses interlocuteurs. La plupart des gens, au lieu d’écouter, préparent leur réponse pendant que l’autre parle. Porter véritablement son attention sur les autres crée un lien qui les amène à faire davantage confiance et donc, inévitablement, à plus partager. Ils sont alors une mine d’améliorations.
  • Oublier son autobiographie : moi, à ta place ; moi, à ton âge ; moi, dans le temps ; etc. Elle n’intéresse personne. Si nous avons été faits avec une bouche et deux oreilles, c’est pour écouter deux fois plus que nous ne parlons.
  • Être authentique. Nous sommes ce que nous sommes. Restons-le ! Ne jouons pas la comédie. En étant humble et intègre, nos interlocuteurs se bousculent pour nous soutenir. L’authenticité se manifeste en observant le monde sous toutes ses facettes. La rigidité et le prêt-à-penser nous ferment de nombreuses portes. Ils nous conduisent à nous refermer sur nous-mêmes.
  • Être toujours en harmonie avec ses valeurs. Les valeurs sont un sextant personnel. Toute prise de décision doit  se faire en fonction de ses valeurs, car les relations s’affirment dans l’authenticité.
  • Être transparent. On ne trouve plus d’endroit où se cacher aujourd’hui. Les secrets les mieux gardés autrefois ne sont plus, de nos jours, que des secrets de polichinelle. Pour mieux dormir la nuit et conserver l’estime de son entourage, il vaut mieux être totalement transparent. D’ailleurs, nous vivons aujourd’hui dans un monde qui accepte et même exige de ses leaders moins de perfection et un plus de vulnérabilité. L’autorité n’est plus une excuse à l’opacité des décisions. Outre sa valeur morale, la transparence apporte quelques atouts sérieux au leadership. Les problèmes se résolvent plus facilement. Les équipes se soudent mieux.
  • Savoir jouer l’équipe. Quelle que soit la taille d’une entreprise, l’équipe gagne toujours. Il faut Interagir avec chacun de ses membres au quotidien. Les faire briller. Les laisser s’auréoler des succès du leader, ils n’en deviendront que meilleurs. Le rôle d’un leader, dans l’animation d’une équipe, tient du chef, du coach et de la nounou. Il ne faut pas sous-estimer pas le rôle de l’encadrement. Chacun des membres d’une équipe a besoin d’être considéré et respecté. Il a besoin d’attention et d’approbation. Un dialogue permanent est la seule façon de mériter sa confiance et de faire fonctionner l’équipe toute entière.

Le leadership nait de l’attitude et du comportement. Il est fondé sur l’exemple. Cette phrase d’Albert Schweitzer en résume à elle seule le socle :

« L’exemplarité n’est pas une façon d’influencer, c’est la seule ».

A propos de l'auteur


A GoetzmannAlain GOETZMANN

Alain conseille et accompagne des dirigeants d'entreprises dans leur développement personnel et stratégique et dans l'amélioration de leurs performances opérationnelles et financières.
Il anime Delta Inter Management, Cabinet de conseil en gestion du changement et en haut de bilan, par ailleurs éditeur d’outils de management entrepreneurial. Successivement, entrepreneur, patron de PME, dirigeant d’un important groupe industriel international, il se consacre aujourd’hui au conseil dans le cadre de missions et de mandats sociaux. Il est également fortement impliqué au sein du Réseau Entreprendre, réseau de chefs d’entreprises qui accompagnent bénévolement des créateurs et repreneurs de PME.
Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et d'une méthode originale traitant du management entrepreneurial comme accélérateur de réussite : perform'up.
Son dernier ouvrage, « Leadership, Motivation et Efficacité personnelle » vient de paraître.

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