Le défi de la bienveillance

Publié le 10/03/2016 - Mis à jour le 22/03/2017
humain

Quand il s’agit de manager des personnes, il semble préférable d’être dans une disposition favorable vis-à-vis d’elles, c’est-à-dire d’être bienveillant. Vouloir le bien de ceux que l’on manage, n’est-ce pas naturel ?

Puisqu’après tout, leur bien individuel (conditions de travail, réussite, développement, etc.) est aussi celui de l’équipe, et au final de l’entreprise tout entière – pour ceux qui veulent croire qu’un homme bien dans son travail est aussi plus performant.

Cette bienveillance n’exclut pas l’exigence, en revanche elle peut servir d’antidote à de mauvaises intentions, à des formes de malveillance.

La bienveillance, élémentaire mon cher Watson ?

Pour autant, suffit-il de prôner la bienveillance pour la voir fleurir dans les organisations ? Pas si simple. Quelques obstacles peuvent lui barrer la route, momentanément ou pour plus longtemps.

Par exemple, comment rester bienveillant avec un collaborateur qui, lui-même, se montre malveillant ? Stéphane gère une équipe de 8 personnes dans laquelle Antoine, le plus ancien de l’équipe, fait des coups pendables à un collègue plus récent qu’il est supposé former. Il lui donne des informations erronées, le met sur de mauvaises pistes, tout en donnant l’illusion à son manager Stéphane, qu’il l’aide de son mieux. Stéphane a fini par se rendre compte du manège d’Antoine, et dès lors, il a tout le mal du monde à ne pas exploser de colère et sanctionner Antoine.

Rester bienveillant pourrait alors consister à réguler les écarts d’Antoine, pour ensuite retrouver sa bienveillance vis-à-vis de lui.

Autre exemple, comment garder sa bienveillance face à une personne qui nous agace par son attitude ou ce qu’elle dégage ? Un stagiaire trop zélé, une collaboratrice très stressée, un chef de pôle arrogant, une collaboratrice qui ne reconnaît jamais ses erreurs : à vivre nos journées avec des personnalités différentes il est inévitable d’être irrité(e) par certains de leurs traits. Jusqu’à perdre sa bienveillance ? Parfois ! Est-ce grave docteur ? Non : bienveillance bien ordonnée commence par soi-même, et s’autoriser ces petits moments de jugement, de grommellements, de désapprobation nous permet au contraire d’évacuer ces tensions, pour retrouver une disponibilité et une disposition plus favorable envers autrui.

Nous pouvons enfin avoir de vraies raisons d’en vouloir à quelqu’un. La nièce du patron, promue Chef de Pôle dans votre équipe alors qu’elle n’en a à vos yeux ni les compétences ni le mérite, comment vouloir son bien ? Un sens élevé de la justice peut nous amener à ne pas vouloir le bien pour quelqu’un qui a, à nos yeux, déjà trop reçu. Cela ne fait pas de nous un manager malveillant, simplement, notre bienveillance a ici du mal à s’exprimer. Le recul peut alors nous aider, et une ouverture d’esprit car personne n’est parfait… à commencer par soi.

Ainsi la bienveillance est-elle à prendre comme une intention renouvelée, et un idéal à viser.

Et vous ?

Avez-vous la bonne dose de bienveillance envers ceux que vous managez ?

Sinon, qu’est-ce qui vous en empêche ?

Qu’auriez-vous à gagner à être davantage dans la bienveillance ?

 

A propos de l'auteur


k aubryKarine AUBRY

Coach certifiée

Membre de l’AEC-EMCC – Association Européenne de Coaching

Formée à l’Ecole Française de Coaching Devenue coach après 15 ans d’expérience en conseil, management de projets & équipes dans l’IT, communication et marketing. Accompagnement de dirigeants et managers, en particulier sur leurs compétences relationnelles, leur leadership, leur posture et savoir-être.

Son blog : L'Oeil du Kolibri
Son site professionnel : http://www.kolibricoaching.fr

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