Comment libérer votre entreprise  ?

Maj le 16/10/2017 par Julien GODEFROY

Comment passer de la théorie à la pratique ? Cet article propose une transition de votre organisation vers les préceptes de l'entreprise libérée en 4 grandes étapes.

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Isaac Getz, auteur du livre : « Liberté & Cie », définit une entreprise libérée comme : « une forme organisationnelle dans laquelle les salariés sont totalement libres et responsables dans les actions qu’ils jugent bon — eux et non leur patron — d’entreprendre ».

Les employés sont au plus proche des clients et des problèmes. Ils connaissent mieux ces contextes. Ils sont donc plus à même de trouver les bonnes solutions et les bonnes attitudes.

L’entreprise libérée transfère les responsabilités des managers vers les employés. Il en résulte une plus grande réactivité et une meilleure capacité d’adaptation . Elles obtiennent d’excellentes performances économiques pendant de nombreuses années.

Ce type d’organisation intéresse de plus en plus d’entreprises. Mais pour se lancer dans l’aventure, voici, selon moi, les quatre étapes pour mettre en place la libération.

1 - Mettre en place l’autonomie

Dans le cadre d’une entreprise libérée, les équipes vont devoir s’autogérer. Ainsi, devront-elles résoudre leurs problèmes par elles-mêmes en prenant directement les décisions de manière collective. L’autonomie est donc au cœur du processus.

Pour commencer, la peur des sanctions ne peut plus fonctionner. Un employé doit être incité à prendre des initiatives. La confiance entre l’encadrement et les employées est essentielle. La posture managériale doit donc aller dans ce sens en encourageant les prises d’initiatives et en y réagissant correctement : en cas de succès, fêter les victoires, en cas d’échec, aider l’employé à comprendre et le soutenir pour qu’il ne perde pas sa motivation.

Il faudra aussi communiquer avec lui de manière transparente et lui transmettre les informations dont il a besoin. Ce sera une preuve de confiance et il pourra utiliser ces informations pour travailler encore mieux. Il aura aussi besoin de tout le sens nécessaire pour bien comprendre la situation actuelle de son entreprise. En effet, s’il doit prendre des décisions, il doit connaitre tous les tenants et aboutissants.

Il devra aussi être pleinement responsabilisé sur ses actions. En effet, il dispose de toute la confiance, des informations et du sens. Il n’est plus un enfant qui pourrait se cacher derrière ses parents. L’employé est désormais un adulte qui doit assumer ses choix.

Enfin, il faudra constituer de petits groupes de travail (généralement aux alentours de 12 personnes) pour permettre une meilleure autogestion et donner à chacun la possibilité de s’exprimer. La diversité des compétences sera appréciée et devra être anticipée lors des recrutements (ils pourront être réalisés directement par les employés eux-mêmes).

2 - Donner un nouveau rôle aux managers

Donner plus d’autonomie, de responsabilités et le pouvoir de décision aux employés ne sera pas sans incidence sur le moral de l’encadrement. En effet, ces derniers assument aujourd’hui ces tâches. Certains pourront donc voir d’un mauvais œil ce changement. Il faudra lutter contre les égos, car c’est de cela qu’il s’agit. L’exemplarité du PDG sera essentielle pour montrer la voie.

Rassurer les peurs sera aussi un bon moyen de calmer les égos. Pour cela, il faudra définir le nouveau rôle du manager. Celui-ci est passionnant. Le manager passe d’une fonction de contrôle de la bonne exécution des tâches à l’accompagnement de ses employés dans leurs développements. Il prendra une posture de coach avec  des outils précis . Il délaissera les tournées régulières de supervision par des échanges plus ou moins formels pour mieux comprendre comment se sentent ses collaborateurs. Il cherchera à déceler les émotions présentes pour savoir comment réagir. Enfin, il s’assurera que tous les collaborateurs aient les moyens de s’autogérer et de se développer.

Un nouveau challenge s’ouvre donc pour les managers et les leaders. Il faudra donc les accompagner pour développer leurs nouvelles compétences et postures. 

3 - Faciliter les relations entre les personnes

La mise en place de tels managements participatifs va décupler les relations entre les personnes. Ce n’est pas sans risque et il faudra donc faciliter les bonnes relations. Pour cela, les entreprises libérées mettent en place des procédures de gestion des conflits et forment l’intégralité de leur personnel à la Communication Non Violente.

Les émotions seront aussi des indicateurs pour mieux comprendre l’autre. Les relations ne seront donc pas seulement courtoises et professionnelles, mais aussi beaucoup plus humaines.

Ensuite, la gratitude, la reconnaissance et la capacité à percevoir ce qui va bien deviennent une culture d’entreprise. Les réunions commencent par des remerciements et le bilan des résultats positifs de la semaine passée. Une vraie culture du positif et du remerciement se met en place.

Mais attention, cela doit se faire en toute sincérité. Nous sommes désormais passés dans une culture de la pleine authenticité vis-à-vis de nous-mêmes et des autres. Chacun est amené à être qui il est et à entretenir une relation authentique et sincère avec l’autre.

Ces nouvelles règles du jeu apparaissent dès le recrutement. Au moment d’être définitivement recruté, le nouvel employé peut se voir proposer un choix : rester ou partir avec une certaine somme d’argent (même si la période d’essai est en-cours). Si l’employé reste, ce n’est pas pour une question d’argent, mais bien par envie.

4 - Donner une mission à l’entreprise

Enfin, les employés devront travailler pour une finalité pour être pleinement responsables et motivés. Il s’agit ici du sommet de la pyramide de Maslow : la réalisation de soi.

L’entreprise doit devenir le moyen de réaliser ce que nous sommes. Atteindre des objectifs de chiffre d’affaires ou de rentabilité ne sera plus suffisant. La motivation dépendra d’une mission beaucoup plus vaste comme celle d’aider le monde à aller mieux. Les aspects sociaux et environnementaux apparaissent fréquemment dans les raisons d’être des entreprises.

Ayant un impact fort sur le monde, l’employé aura le sentiment d’être utile et d’exister. Il sera beaucoup plus épanoui et heureux. La recherche de la survie avait laissé la place à la recherche de la richesse. Désormais, la richesse laisse le champ libre au bonheur et au bien-être.

L’ensemble de l’entreprise devra travailler conjointement sur la définition de la raison d’être. Chacun partagera ce qu’il pense et ce qu’il ressent. La boussole viendra des tripes et du cœur.

Pour libérer votre entreprise, il vous faudra donc rendre vos équipes autonomes, faire évoluer le métier de vos managers, faciliter les relations et définir une raison d’être. Beaucoup d’exemples d’entreprises libérées existent : FAVI, Gore, Patagonia, Whole Foods, Holacracy, Sounds True, Morning Star, SOL ou encore Buurtzorg. Elles pourront témoigner que tout n’a pas été facile, mais que le jeu en vaut la chandelle.

julien godefroy

Auteur - Julien GODEFROY -    

Après 12 années passées à manager que ce soit en milieu associatif, en entreprise, en France ou à l’étranger, Julien Godefroy a décidé de fonder reussir-son-management.com. À l’heure de la complexification du monde et de la libération des entreprises, son objectif est désormais d’aider les managers à mieux performer dans ce nouveau contexte en étant plus heureux avec leurs équipes. Pour recevoir gratuitement son guide « Comment rendre nos équipes plus heureuses, motivées et efficaces ? », rendez-vous sur https://reussir-son-management.com

Cet article est référencé dans : L'essentiel sur le concept d'entreprise libérée


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Commentaires

  • Gravatar for Julien

    Julien 16/10/2017 12:53

    Merci Stéphane. Je suis ravi que cet article vous ait plu.

  • Gravatar for Lhote Stephane

    Lhote Stephane 09/10/2017 09:05

    Une méthode en 4 étapes expliquée de façon accessible à tous. Et avec un discernement sur les difficultés bien détecté. Merci pour cet article. Stéphane