Planification de projet : le chemin critique

Maj le 20/10/2020 par Laurent GRANGER

Lorsque l’on doit planifier un projet, la question des marges de manœuvre se pose. La connaissance du chemin critique s'impose...

Définition du chemin critique 

Lors de la construction d’un diagramme PERT  (une méthode d'ordonnancement des tâches d'un projet), le chemin critique représente la séquence de tâches ne disposant d'aucune marge : c’est-à-dire qu'il n’existe aucune flexibilité entre la tâche précédente et la suivante. Ce tracé indique le délai incompressible pour réaliser le projet.

Chemin critique

Quel est l'intérêt du chemin critique ?

Il est important d’identifier ce chemin critique, car c’est un élément de gestion prévisionnel permettant de maîtriser les étapes clés et les deadlines. C’est un outil central pour la mise en œuvre d’un PERT . L’étape finale pour le chef de projet est de disposer d’un outil de planification efficace et pertinent. Le repérage et le tracé du chemin critique permettent notamment :

  • d'identifier les leviers de réduction des délais :  la connaissance de la chaîne critique permet de repérer les tâches prioritaires sur lesquelles agir si l’on souhaite réduire la durée du projet dans sa totalité. Il est alors possible de prendre les mesures nécessaires pour agir : affectation de ressources (personnel, budget…), décalage des livrables (tout en respectant les objectifs du projet )... 
  • de prévenir les dérapages et maîtriser les risques : ces mêmes tâches sont à surveiller de près pour éviter que les échéances ne dérapent à cause de retards sur ces tâches critiques. C’est un outil précieux pour identifier au plus tôt les aléas (et les tâches en retard) qui peuvent retarder le projet, les activités qui ne peuvent pas être menées dans les temps requis.
  • d'évaluer des scénarios : il est pertinent de tester différentes combinaisons sur une échelle de temps (enchaînement des tâches et contenu d’étapes) pour analyser les impacts sur la durée du projet en identifiant les marges du projet et chaque chemin critique. Les conséquences sont alors directement appréhendables sur le planning.

Les outils de gestion de projet (logiciels de gestion de projet comme MS-project) facilitent grandement la création d’un diagramme de réseau (identification des antériorités, des dépendances entre tâches, etc.). La construction automatique permet d’afficher le chemin critique et d’aider à l’élaboration d’alternatives avec pour objectif d’achever le projet au plus tôt. La souplesse de l’outil offre l'opportunité de réaliser des simulations, observer plusieurs chemins critiques en fonction de variables d’entrées. 

La construction du diagramme de Gantt est l’étape ultime après avoir établi le chemin critique. Des premiers travaux à la fin du projet, chaque étape est posée sur un échéancier. Chaque jalon est visible.

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Comment réduire la durée du chemin critique ?

Lorsque le projet exige une mise à disposition plus rapide des livrables que celle imposée par le chemin critique, les chefs de projets ont 2 options principales à leur disposition.

  • Apporter des ressources supplémentaires aux tâches du chemin critique : plus de personnel, sous-traitance de certaines activités… Si tant est que ces moyens complémentaires permettent réellement d’en raccourcir la durée et que ces ressources soient mobilisables. La conséquence est l’inflation du coût du projet par rapport au budget initial.
  • Traiter des tâches en parallèle alors qu’elles devaient être enchaînées. Il s’agit de commencer plus tôt que prévu une activité sans attendre la fin de la précédente dont elle dépend - exemple : débuter les travaux avant que le cahier des charges ne soit finalisé, démarrer la construction d’un prototype sans que l’étude soit totalement terminée, etc. Dans cette situation, il convient d’apprécier deux types de risques : le risque qualité, où ce changement d'organisation peut engendrer un niveau de qualité moindre que ce qui était attendu - et un risque financier, notamment si la tâche anticipée prend la mauvaise direction et qu’il faille recommencer en totalité ou en partie, ou encore modifier certains points avec, de nouveau, un risque qualité.

Qu’est-ce que la méthode du chemin critique (Critical Path Method) ?

Au-delà du chemin critique utilisé dans la méthode PERT, il existe une approche appelée "Critical Path Method" (CPM ). Elle est notamment décrite dans le PMBOK, (référentiel en gestion de projet).

Contrairement au PERT, l’activité est inscrite dans le nœud (et non la flèche - ou arc- qui relie 2 nœuds ou boites). Chaque nœud (appelé aussi “sommet”) comprend ces informations :

 

Début au plus tôt (DTO)

Durée

Fin au plus tôt (FTO)

Nom de la tâche

Début au plus tard (DTA)

Marge totale

Fin au plus tard (FTA)

Cette approche  s’attache également comme le PERT à calculer les marges existantes pour prévenir et gérer les décalages :

Marge totale = DTA - DTO ou FTA - FTO

Pour la version anglophone :

  • Début au plus tôt = ES = Early Start
  • Fin au plus tôt  = EF = Early Finish
  • Début au plus tard = LS = Late Start
  • Fin au plus tard = LF = Late Finish

Voir aussi la “Critical Chain Method” (CCM) dont l'objectif est d’ajouter des “buffers” sur une ou plusieurs chaînes, au niveau des ressources et en fin du projet. Ces “buffers” sont des zones tampons permettant d'apporter de la flexibilité en améliorant la marge du projet. Le rendre plus agile, libérer les tensions et contraintes pour absorber les aléas tout en maintenant la pression sur chaque tâche.

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