La fenêtre de Johari pour une meilleure connaissance de soi

Maj le 10/07/2019 par Raphaële GRANGER

La fenêtre de Johari est un outil intéressant pour nous renseigner sur notre façon de communiquer avec autrui et l'image que nous renvoyons ce faisant. Un feedback constructif et simple à recueillir.

En matière de connaissance de soi, il est un élément souvent négligé : la vision des autres quant à nous-mêmes. Or cette perception extérieure peut s'avérer être un élément important pour une analyse éclairée de soi dans l'optique d'une amélioration continue de nos compétences, savoir-faire, soft-skills , etc. 

Par ailleurs, cette analyse constructive constitue une alliée de taille lorsqu'il s'agit de communication interpersonnelle. Plus les informations entre un individu et son entourage sont échangées de manière fluide et transparente, plus la relation est solide. Confiance, efficacité, motivation, cohésion seront alors au rendez-vous.

Présentation de la méthode

Créée par Joseph Luft et Harry Ingham, psychologues américains, en 1955 - d'où son nom (Jo pour Joseph Luft, hari pour Harry Ingham) - et inspirée de la Programmation Neuro-Linguistique, la fenêtre de Johari est une matrice qui permet d'analyser la façon dont nous donnons et recevons l'information ou comment nous communiquons dans le cadre de nos relations interpersonnelles.

Les émotions, expériences, visions, compétences, envies, motivation, etc. chez ou quant à un individu par rapport à un autre ou par rapport à un groupe sont analysées selon 2 angles majeurs :

  • ce dont la personne a connaissance quant à elle-même (zones publique et cachée),
  • ce qu'elle ignore (zones aveugle et inconnue).

Ces 2 angles sont croisés avec une dimension externe incarnée par autrui : ce que les autres savent de la personne (zones publique et aveugle) et ce qu'ils ignorent (zones cachée et inconnue). Le tout est ainsi représenté au travers des 4 cadrans/zones de la fenêtre et s'articule ainsi :

  • Zone publique : elle représente ce dont la personne a connaissance sur elle-même et partage avec autrui (identité, poste occupé, apparence, parcours professionnel, etc.).
  • Zone cachée : elle désigne l'ensemble des informations connues de l'individu, mais cachées à autrui (ambitions, secrets quelconques, situation familiale, salaire, maladie, etc.). On l'appelle également communément "façade".
  • Zone aveugle : elle matérialise ce que la personne ignore, mais que les autres connaissent quant à elle (rancœurs, admiration, perception qu'ont les autres de la personne, vos manies, tics de langage, etc.).
  • Zone inconnue : elle regroupe ce dont l'individu n'a pas connaissance quant à lui-même et que les autres ignorent également (talents cachés, limites inconscientes, projections futures, etc.).

Objectifs de la démarche

Très utilisée en marketing, cette matrice peut très aisément s'appliquer en développement personnel ou en management avec les objectifs suivants :

  • Acquérir une meilleure connaissance de soi : interroger les autres quant à leur perception de nos forces et faiblesses peut nous aider à avancer et/ou faire les bons choix. Le but est de réduire au maximum la zone aveugle de la fenêtre comme on cherche à éviter les angles morts.
  • Gagner en authenticité : décaler sa vision de soi en prenant un certain recul quant à ses émotions permet d'y voir plus clair et de rectifier sa trajectoire personnelle.
  • Adapter son mode de management : corriger un comportement, une attitude, améliorer sa communication, etc.
  • Recueillir le feedback de ses collaborateurs : quant à son mode de management, notamment, mais également pour responsabiliser son équipe, avancer de manière constructive vers les objectifs fixés.
  • Encourager les échanges constructifs en équipe qui favorisent la cohésion et la dynamique de groupe, boostent l' intelligence collective  , etc.

L'objectif ultime étant de réduire les 3 fenêtres cachée-aveugle-inconnue au profit de la zone publique. Tout en sachant que tout changement dans l'une des zones a des répercussions dans les 3 autres.

 

Fenetre de Johari min

 

La fenêtre de JOHARI dans le détail

Une telle remise en question ouvre la fenêtre des possibles et réserve parfois des surprises... Un risque à prendre lorsque l'on ne se sent plus à sa place dans son métier et que l'on désire changer de voie, ou bien lorsque l'on veut se lancer, mais que l'on a besoin d'un œil extérieur pour se rassurer quant à certaines compétences, qualités ou encore lorsque, manager courageux et humble, on souhaite le meilleur pour soi et ses collaborateurs.

Rappelons que l'objectif est de développer sa zone publique tout en diminuant les 3 autres au maximum.

Zone publique

Elle incarne toutes les informations - tangibles ou non - que vous partagez pleinement avec autrui.

Il s'agit de votre identité, votre parcours professionnel, votre apparence physique telle que vous la présentez officiellement, vos compétences (via un CV, un profil sur les réseaux sociaux, par exemple), mais également ce que vous partagez de manière moins formelle avec vos différents interlocuteurs (discussions avec vos collègues/collaborateurs lors de pauses, sessions de teambuilding, soirées, etc.).

Une zone publique étendue dénote une personnalité ouverte, fiable, émotionnellement intelligente, capable de communiquer de manière fluide et intelligente. 

    La bonne posture : pour que cette zone prenne le pas sur les 3 autres, vous devrez exposer davantage votre personnalité, échanger davantage sur ce qui vous anime, vos motivations et vous positionner dans une démarche d’amélioration continue à travers une demande de feedbacks réguliers de la part des personnes que vous côtoyez.

Zone cachée

Elle représente tout ce que vous ne montrez pas aux autres de vous, mais dont vous êtes pleinement conscient. On pourrait l'appeler votre façade. Elle incarne ce que vous cachez à vos interlocuteurs de vous (petits travers, peurs, fragilités, secrets, vos ressentis, etc. ) afin de contrôler votre image et offrir une attitude, un comportement, etc. que vous pensez conforme aux attentes d'autrui.

Cette zone peut être relativement étendue par crainte des jugements, timidité, manque de confiance en vous, etc.

Les individus ayant une zone cachée relativement imposante paraissent faux, méfiants et induisent ainsi une sensation de malaise au sein d'une équipe. Il peut être difficile de travailler avec eux, car ils participent peu aux échanges et osent rarement exposer leur avis et/ou montrer leurs compétences ouvertement.

    Tips : pour réduire cette zone, partagez et ouvrez-vous davantage aux autres tout en gardant une certaine intimité bien évidemment. Soyez vrai. Alignez l'image que vous renvoyez à autrui avec votre personnalité profonde.

Zone aveugle

Elle matérialise tout ce que les personnes que vous côtoyez connaissent de vous, mais que vous ignorez : ce que les autres pensent/disent de vous (rumeurs, sentiments/impressions diverses, etc).  

Les personnes ayant une zone aveugle dominante sont perçues comme fières, très critiques envers leurs collègues, donneuses de leçons, parfois agressives, ne se remettant que très rarement en question. Ces individus étant essentiellement tournés vers eux-mêmes, il est difficile de travailler avec eux dans un climat sain et bienveillant.

    Remède  : pour diminuer cette zone, vous pouvez demander à votre entourage - professionnel bien sûr, mais aussi personnel - un feedback constructif quant à votre mode de management, vos méthodes, votre manière de communiquer, vos manies, etc., et menez une analyse approfondie de vous-même. Corrigez vos erreurs.

Zone inconnue

Cette zone concentre tout ce que vous ignorez sur vous-même et que les autres ignorent également. Il peut s'agir de la carrière que vous allez faire, de votre capacité - ou non - à gérer une équipe pour la toute première fois, parfois vos capacités, vos talents, vos forces/faiblesses, etc.

Les collaborateurs ayant un profil avec une zone inconnue prédominante apparaissent comme complexes, énigmatiques aux yeux des autres et ont du mal à communiquer. Ils peuvent se révéler être des leaders inspirants ou bien au contraire des saboteurs de premier ordre une fois leur carapace brisée.

    Pour réduire cette zone : partez à la découverte ! Sortez de votre zone de confort. Soyeux curieux, tournés vers l'extérieur. Déposez votre carapace, ouvrez-vous aux autres, échangez !

 

Fenêtre de Johari et management

L'exploration des 4 zones du modèle est avant tout un levier qui doit permettre, in fine, de favoriser les partages d'informations et échanges au sein de l'équipe.

Cette démarche est intéressante pour le manager qui pourra ainsi l'utiliser afin d' instaurer une communication fluide au sein de son équipe, développer la cohésion et dynamiser le groupe en favorisant échanges et feedbacks constructifs.

Attention toutefois, il peut s’avérer tout à fait contre-productif - voire nuisible - d'imposer à vos collaborateurs une remise en question brutale et/ou le dévoilement d'informations personnelles pouvant avoir des répercussions négatives par la suite au travail. Il est donc essentiel de procéder par étapes, de manière bienveillante en respectant le rythme et l'intimité de chacun.

Par ailleurs, lorsqu' un nouveau collaborateur intègre l'équipe , il est normal que la zone publique soit relativement réduite. Elle s'étendra grâce à vous,  manager, qui, via un mode de management ouvert, une communication interpersonnelle fluide et des échanges constructifs, favoriserez l'intégration de ce nouveau membre.

Incitez vos collaborateurs au dialogue, au partage d'informations, à la coopération en vous servant de la fenêtre de Johari.

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