Comprendre l'effet de levier : calcul, intérêts et risques

Maj le 03/12/2021 par l'équipe de Manager GO!

En permettant l’acquisition d’immobilisations pour un montant supérieur à la mise de départ, l’effet de levier présente des atouts indéniables dans une politique d’investissement dynamique. Pour autant, son effet peut aussi se révéler catastrophique pour l’investisseur. Ce dernier doit en avoir conscience avant de s’engager dans ce type de projet.

Qu'est-ce que l’effet de levier ?

Par effet de levier, on désigne le recours à l’endettement pour accroitre la capacité d’investissement d’un acteur économique  : entreprise, organisme financier ou particulier. Le mécanisme permet d’acquérir une immobilisation d’une valeur supérieure à ce que l’acteur économique possède en actif monétaire.

Si la notion de levier peut apparaître abstraite, le mécanisme est connu de tous. Ce dernier est par exemple utilisé dans le cadre d’un investissement locatif : si un particulier investit grâce à l’emprunt un bien destiné à la location, il s’attend à ce que les loyers perçus soient supérieurs aux charges de l’emprunt et que la valeur de l’actif permette de dégager une plus-value.

L’intérêt 

Sur le plan comptable, l’effet de levier permet de mesurer l’impact de l’utilisation de capitaux apportés par des tiers par rapport aux capitaux propres de l’entreprise. Cette notion permet notamment aux financeurs de l’entreprise de mesurer dans quelle mesure ils peuvent accepter une augmentation de la dette (dégradation du ratio de solvabilité).

Ainsi, avant de réaliser un investissement, l’entreprise calcule l’effet de levier afin d’en apprécier la rentabilité. Quand le levier est positif, cela signifie que l’investissement est rentable. Dans le cas inverse, il y a perte de capitaux. La question est valable pour tous les acteurs économiques : les particuliers qui souhaitent investir dans un bien immobilier ou dans la finance, les établissements bancaires et les fonds d’investissement réalisant des investissements financiers, etc.

Définition de l'effet de levier

Les limites de l’effet de levier

L’effet de levier permet d’augmenter le niveau des investissements et des bénéfices à partir d’un capital de départ.

Toutefois, le mécanisme fonctionne dans les deux sens. Dans l’hypothèse où la rentabilité économique dépasse le coût de l’endettement, il s’agit d’un levier positif, la rentabilité financière est impactée favorablement. Dans le cas contraire, l’effet levier entraîne une démultiplication des pertes . Il s’agit d’un « effet boomerang » ou « effet massue » qui sera d’autant plus fort que le levier est élevé.

De même, dans le secteur bancaire le montant des prêts accordés est logiquement supérieur au niveau des fonds propres. La situation financière des banques peut donc être fragilisée en cas de non-remboursement. Cela a justifié la mise en place de règles prudentielles limitant le niveau de prêts par rapport aux fonds propres (ratios de solvabilité bancaire).

Dans le secteur boursier, il existe la possibilité d’acquérir des valeurs à paiement différé et des produits dérivés complexes. Cela permet au trader d’investir pour un montant supérieur à sa mise de départ. Il convient toutefois d’être prudent car le risque de perte en capital est réel.

Par ailleurs, il existe une limite de l’effet de levier financier ; il s’agit de la capacité de remboursement de l’acteur économique. Concrètement, l’endettement maximum s’apprécie à partir des flux de trésorerie prévisionnels : le montant maximum des emprunts est le montant maximum remboursable permis par les flux de trésorerie. La trésorerie sera positive lorsque le besoin en fonds de roulement sera couvert par le fonds de roulement. Il est ainsi conseillé de ne recourir à l’effet de levier que de façon limitée en particulier si l’activité de l’entreprise est cyclique.

Avant de recourir à l’endettement, il est donc nécessaire d’évaluer son impact afin de s’assurer que l’effet de levier est bénéfique pour l’emprunteur.

Calcul de l’effet de levier et exemples

Comment calculer cet indicateur ?

Il existe plusieurs manières de calculer l’effet de levier. Une des plus simples consiste à rapporter le montant de l’investissement aux capitaux propres. Rappelons que le capital propre désigne les ressources financières d’une entreprise sans les dettes. Il s’agit du capital social de départ, des réserves et le report à nouveau (les bénéfices antérieurs non, distribués).

Effet de levier = montant de l’investissement / capitaux propres

Autrement dit, en cas d’achat d’une immobilisation pour 20 000 € alors qu’on en possède que 10 000, le levier sera égal à 2 (20 000/ 10 000).

Une autre méthode de calcul prend en compte les dettes à long terme (E), les capitaux propres (P), la rentabilité de l’entreprise (e) et le taux d’intérêt (i). La formule sera la suivante :

Levier = (e-i) x E/P

Il est aisé dans cette formule de voir que l’effet de levier dépend du différentiel entre la rentabilité de l’entreprise et les frais financiers.

Il est également possible de mesurer l’effet de l’endettement sur la rentabilité des capitaux propres investis. On parle alors de la rentabilité financière et de la rentabilité économique.

La rentabilité financière se calcule de la manière suivante :

Rentabilité financière = résultat d’exploitation - impôts sur les bénéfices - intérêts versés aux dettes financières) / capitaux propres

En comptabilité anglo-saxonne, ce ratio correspond au « Return on equity » ou « ROE ».

La rentabilité économique traduit, quant à elle, l’efficacité économique de l’entreprise et se calcule de la manière suivante :

Rentabilité économique = résultat d’exploitation - impôts sur les bénéfices) / capitaux engagés (ou actif économique)

Capitaux engagés = capitaux propres + dettes

L’effet de levier sera donc obtenu par la formule suivante :

Effet de levier = rentabilité financière - rentabilité économique

Risques de l’effet de levier : exemples

Pour illustrer le risque de l’effet de levier dans un investissement immobilier, prenons le cas de l’acquisition d’un bien locatif financé par un apport personnel de 20 % et un emprunt à hauteur de 80 %. Il se révèlera positif dans l’hypothèse où le loyer perçu dépasse les charges de l’emprunt et où la valeur du bien augmente. En cas de vente, le propriétaire réalisera une plus-value.

À l’inverse, si le bien reste vacant ou si les prix du marché immobilier chutent, l’effet levier sera négatif et pourra même se révéler dramatique à l’image de la crise des subprimes aux États-Unis.

En outre, une illustration dans le domaine boursier peut être éclairante sur les risques liés à l’effet de levier.

Dans un exemple où l’effet de levier est de 10, un capital de 1 000 permet de réaliser un investissement de 10 000. En cas de baisse du cours de l’action de 10 %, soit une perte de 1 000, l’investisseur perd l’intégralité de son capital.

Avant de recourir à l’endettement, il est donc nécessaire d’évaluer son impact afin de s’assurer que l’effet de levier est bénéfique pour l’emprunteur.



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