Actualités et réflexions sur le management et l'entrepreneuriat

Y a-t-il un manager pour motiver l’équipe ?

© rangizzz - Fotolia.com
© rangizzz – Fotolia.com

Le manque de motivation de la part des membres d’une équipe est avant tout un problème de management.

Avez-vous déjà rencontré une équipe qui avançait, réussissait dans ses projets sans aucun leader, sans personne pour donner l’impulsion nécessaire à cet essor ; personne pour encourager, féliciter ses membres ? En d’autres mots : un meneur ? Par ailleurs, les employés parqués comme du bétail dans des bureaux austères sont-ils heureux ? Sont-ils efficaces ? Rentables ?

Je ne pense pas !

Le manager, ce chef de file

Le rôle du manager, outre le fait de fixer des objectifs à ses collaborateurs, organiser le travail de l’équipe, mettre en place les formations et le suivi nécessaires et mesurer les performances individuelles et collectives, est également de communiquer et surtout motiver ! Motiver en faisant en sorte, tout d’abord, que l’environnement de travail de ses collaborateurs soit propice à l’efficacité et au bien-être de chacun. Je n’entends pas par là que tout bureau doit être aménagé selon le dernier cri en matière de design… Simplement que cet espace de travail où l’on passe de nombreuses heures soit un minimum plaisant. Qu’il ne soit pas de ces lieux où l’on va à reculons en sachant à l’avance que quelle que soit notre humeur du jour, elle sera de toute façon plombée sitôt la porte du bureau franchie…

Par conséquent, l’une des préoccupations premières du manager sera de s’assurer que ses collaborateurs se sentent bien sur leur lieu de travail. Cela peut paraître ridicule, mais l’ambiance et l’atmosphère jouent un rôle important dans l’efficacité professionnelle. Décor, ambiance, matériel, etc. seront des paramètres à prendre sérieusement en compte. Peut-on travailler correctement si l’on ne possède pas les bons outils ? Certes, cela ne relève pas de l’impossible ! Néanmoins, cela prendra plus de temps. Et le temps… c’est de l’argent !

Peu de choses suffisent à rendre un bureau agréable pour ses occupants : des couleurs neutres, quelques touches de couleur pour le peps et la bonne humeur, des bureaux ergonomiques, quelques rangements, une luminosité suffisante, un peu de verdure… Vos bureaux ne possèdent pas de fenêtres, certains luminaires actuels diffusent une lumière proche de la lumière naturelle du jour. Et puis pourquoi ne pas décorer l’un des murs avec une photo représentant un paysage verdoyant en guise de papier peint ? Ambiance sereine garantie !

Un seul mot d’ordre : MOTIVATION !

C’est bien joli tout cela (normal : le décor est planté…), mais comment concrètement communiquer une impulsion positive à toute l’équipe ? Les choses ne se font pas toutes seules ! La motivation ne vous tombe pas dessus comme ça du jour au lendemain ! Quelques paramètres contribuent efficacement à cette implémentation… La liste n’est pas exhaustive, n’hésitez pas à partager vos recettes dans les commentaires !

  • Règle numéro 1 : manager, « faites ce que je dis ET ce que je fais » sera ta devise au quotidien… Le chef d’équipe doit être un exemple aux yeux de ses troupes. S’il n’est pas motivé, qui le sera ? Pour pouvoir espérer insuffler une certaine émulation à ses collaborateurs, le manager doit lui-même être animé d’un enthousiasme à toute épreuve ! Toutefois, si cela suffisait, ce serait trop simple… Encore faut-il savoir comment transmettre cette énergie et inspirer le même élan en chacun des membres de son équipe, mais également en l’équipe en tant qu’entité à part entière. D’où les quelques autres règles qui suivent ! D’autre part, si le meneur ne montre pas l’exemple, qui l’écoutera ? Qui le suivra ? Vous emboîteriez le pas de quelqu’un qui ne vous prêterait aucune attention ?
  • Règle numéro 2 : manager, avec tes collaborateurs tu communiqueras. Il s’agit bien entendu d’écoute active et de transparence. Un bon cadre doit savoir entendre ce que ses collaborateurs ont à dire – ressentiments, idées novatrices, etc. Il doit tout autant savoir leur faire part de ses décisions, c’est certain, mais également des éventuels problèmes ou difficultés. Certes, tout n’est pas à dire. Néanmoins, le minimum – exprimé avec tact et intelligence – fera taire les rumeurs et les fantasmes les plus fous. Lorsque des salariés sentent qu’on leur cache quelque chose d’important, il est rare que cela se termine bien…
  • Règle numéro 3 : manager, de tes troupes tu seras respecté et vice versa. Découlant logiquement de la règle précédente, ce précepte sera la base de toute bonne entente et gage d’une réussite certaine. Pour être respecté, il faut être sincère avec ses hommes, disponible lorsqu’ils en ressentent le besoin et surtout se montrer exemplaire. Ecouteriez-vous une personne que vous ne respecteriez pas ? Auriez-vous envie de vous investir pour elle ?
  • Règle numéro 4: manager, confiance en toi et en tes hommes tu auras… Sans confiance, aucune équipe, si performante soit-elle, ne peut réussir. Afin de pouvoir faire confiance à ses collaborateurs, le chef doit avant tout avoir pleine conscience de sa propre valeur. Ensuite, il doit pouvoir laisser une certaine liberté d’action à ses équipiers. Cela renforcera la confiance mutuelle, le respect et l’équipe.
  • Règle numéro 5 : manager, la délégation tu maîtriseras. Une fois la confiance établie de part et d’autre, déléguer devient possible. Cette étape ayant pour objectif de faciliter l’autonomie et la responsabilité de ses collègues, deux éléments essentiels à une bonne motivation des troupes. Un employé qui se voit chargé de missions non seulement intéressantes, mais importantes et gratifiantes, aura envie de donner le meilleur de lui-même…
  • Règle numéro 6 : manager, la routine tu éloigneras… Un régime vieux comme le monde pouvant s’appliquer à bien des domaines ! Tout le monde le sait : il n’y a pas pire que les tâches routinières pour tuer la moindre émulation. Le cadre prendra soin de varier les projets (par exemple, alterner projets ambitieux, demandant un investissement conséquent et programmes plus récréatifs où chacun peut plus largement amener ses idées et talents personnels). Autre exemple : un lunch original, organisé par le manager, peut s’avérer efficace lorsque la motivation tend à ralentir. Ce sera l’occasion de décompresser, partager autrement que sur des thèmes professionnels, ressouder l’équipe… L’émulation de groupe et la cohésion de celui-ci sont des piliers non négligeables pour atteindre les objectifs. Les leviers sont du reste nombreux pour dynamiser et fédérer une équipe : team building, coaching, etc.
  • Règle numéro 7 : manager, fierté et reconnaissance tu n’oublieras point… Valoriser, féliciter ses collaborateurs, savoir reconnaître leurs talents, les efforts fournis… Voilà un pan tout entier qui peine à être utilisé en entreprise. Peur que le félicité ne prenne le melon, s’endorme sur ses lauriers, pire : devienne médiocre… Difficultés à verbaliser… Les excuses sont nombreuses ! Il s’agit pourtant d’un autre ingrédient primordial à la motivation de chacun et du groupe ! Les moyens pour faire part de sa satisfaction envers ses équipes sont légion : de la simple tape dans le dos à l’ouverture de perspectives d’évolution, en passant par des primes de fin de projet ou un dîner récompense, etc. Chacun saura doser et adapter…

Vous l’aurez compris, motiver ses troupes pour un cadre, est un travail à part entière. Une astuce simplissime lorsque vous vous demandez quelle impulsion donner ? Vous mettre dans la peau de vos collaborateurs et vous demandant, par exemple : « si j’étais à leur place, quelles seraient mes attentes vis-à-vis de mon supérieur ? Qu’est-ce qui pourrait me motiver à ce moment bien précis ? »…

Vous avez la réponse ? Partagez-la avec nous dans les commentaires !

 

Vous aimerez peut-être aussi :

motiv_xs com_non_verbale_xs cmt_convaincre_xs
Motivation
au travail
Communication
non verbale
Comment
convaincre

6 réactions pour “Y a-t-il un manager pour motiver l’équipe ?

  1. Bonjour,
    Je partage tous les éléments décrits ici mais il me semble tout de même un je ne sais quoi d’essentiel…. On peut passer des journées entières au feu rouge à collecter de l’argent pour la croix rouge sans être payé…; on peut se lever très tôt et se coucher très tard le soir très fatigué pour avoir escaladé une montagne ou l’on peut aussi s’intégrer dans les équipes de bénévoles qui assurent des taches bien ingrates bénévolement lors des grands événements culturels, sportifs, politique….Et pourtant peu ou pas d’écoute du management, pas de confort, pas de reconnaissance matérielle…alors quoi?
    Alors du SENS…. La première clé de la motivation c’est le SENS que l’on donne au travail. Pourquoi est-ce que cette équipe existe? a quoi elle sert?… Ensuite il y a la répartition des rôles : le meilleur des managers n’y fera rien. Si tout le monde ne participe pas avec la même intensité à la « mise en œuvre du projet », à la « réalisation des objectifs »….une partie conséquente des équipes ne suivra pas… et puis il y a tout ce qui est décrit dans l’article ci-dessus : les règles du jeu, les principes, la reconnaissance…

  2. Ah ! Bonjour BOLOCO et merci pour cette contribution que je n’espérais plus !
    Oui ! Le SENS ! Le fondement même de toute motivation !
    Comme vous le dites si bien, tout projet n’est exaltant que s’il a un minimum de sens ! Dans notre contexte, il incombe au manager de transmettre à ses troupes cet élément intrinsèque, de faire en sorte que tous ses collaborateurs s’en imprègnent et le fassent leur. C’est l’essence même de la communication.
    Vous allez me dire : « combien de projets n’ont aucun sens! »… Peut-être aura-t-on oublié de prendre le temps d’exprimer le sens qui était, à nos yeux, évident ? Peut-être ce qui a du sens pour nous, n’en a pas autant pour d’autres… Si le manager ne sait pas l’exprimer et le communiquer, libre alors à chacun d’essayer de comprendre – en posant des questions, en se renseignant – ou de choisir de définir son propre moteur.
    Quant à l’implication de chacun dans son rôle, pour ma part, je pense que le manager a une influence prépondérante dans ce domaine. Cela fait partie intégrante de sa fonction… C’est à lui qu’incombe le devoir de savoir impliquer chacun dans ses missions, avec les moyens qui lui sont octroyés. A lui de corriger le tir si tout le monde ne suit pas, même si nous avons tous conscience que cette mission n’est pas des plus aisées…

  3. Bonsoir,
    Nous trouvons que la motivation est un facteur capital pour la croissance d’une équipe et les managers doivent impérativement prendre cela en considération.
    Nous félicitons l’équipe de manager go! pour leur recherche enrichissante.
    Bonne soirée

  4. Pour un vrai manager, un bon niveau de connaissances et de culture générale est certes nécessaire mais pas suffisant.
    L’université ne forme pas de managers sur mesure, d’autres facteurs, d’autres qualités intrinsèques sont requises pour définir un bon manager.
    Parmi celles- ci, la notoriété et le charisme me paraissent incontournables.
    Le vrai manager à mon sens c’est celui qui sait concilier rigueur et efficacité, autorité et humanisme – Une main de fer dans un gant de velours, voire un meneur d’hommes qui donne l’exemple en toutes circonstances.
    Bien entendu la motivation est un facteur clé car rien n’est possible sans l’adhésion et la convergence des points de vue vers un but précis et un objectif ciblé.

  5. Ah la motivation… Vaste sujet à la fois simple et complexe, car lié aux structures de personnalité de chacun.
    Le latin « movere » a donné émotion, et aussi motivation : ce qui « me met en mouvement ». Les vieilles théories du 20ème siècle pondues par des Marston, Vroom et autres penseurs, issues de leurs observations et biaisées par leur vision du monde sont à remettre à jour avec les travaux beaucoup plus scientifiques (on a maintenant d’autres outils avec les neurosciences, le traitement informatique et statistique par exemple), comme ceux de Bandura, Cloninger, Damasio, et nos Français Changeux, Berthoz, et Jacques Fradin qui synthétise ces approches dans le modèle ANC.
    Quand un manager aura compris la différence entre tempérament (plaisir dès l’action) et caractère (plaisir au résultat), ainsi que le système de valeurs & antivaleurs de chacun, au sens de l’Approche Neurocognitive et Comportementale, nous aurons fait un grand pas en avant…
    Idem pour la différence entre leader (pas le « petit chef formaté » mais celui qui sait attribuer des leaderships) et manager, là aussi nous aurons progressé. Pour l’instant, nos « grandes » écoles qui se disent « de management » n’enseignent que des recettes issues des dogmes managériaux du 20ème siècle. Les cours de gestion de l’humain en ont disparu, hormis la partie financière ou quelques formatages à l’idéologie gestionnaire des années 80. Le cabinet de Mickael Porter, grand gourou US, vient de poser le bilan avec des millions de $ de dettes : beau symbole non ?!
    L’humain n’a pas changé en 3000 ans, c’est le contexte qu’il se crée avec ses outils qui évolue, et accélère. Les limites de compatibilité neurobiologique avec cet environnement sont souvent atteintes (turn-over, présentéisme, burn-out, amotivation, TMS,…). Tout mammifère tenant sur ses pattes ayant des motivations (et donc des émotions), il est temps d’enseigner des choses un peu à jour à nos jeunes de la « e » génération (émotion, éthique, écologie, empressement, équité, e attitude) car le système détecteur d’incohérences du cerveau (territoires préfrontaux) nous alerte par un indicateur appelé stress…
    « Le traitement des causes est plus efficace et durable que celui des symptômes » Dr Jacques Fradin, auteur de « l’intelligence du stress » et « manager selon les personnalités »… Bonne lecture.

  6. Merci pour l’article,

    Il existe certes des facteurs communs pour motiver les équipes au travail : conditions de travail, salaire, responsabilités,… Mais la motivation demeure très complexe puisque chacun des employés a des besoins et des objectifs qui lui sont spécifiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.