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S'affirmer au travail : comment faire, exercices et erreurs à éviter

S'affirmer au travail ne consiste ni à hausser le ton ni à tout accepter. L'assertivité s'apprend, situation après situation. Voici la définition, la grille des quatre attitudes, neuf exercices et les erreurs qui font échouer les premiers essais.

Rédigé par Raphaële GRANGER - Mis à jour le 26/08/2026

Comment s'affirmer au travail ?

S'affirmer au travail : définition de l'assertivité

S'affirmer au travail, c'est exprimer ses besoins, ses limites et ses désaccords de manière claire, sans agresser l'interlocuteur ni abandonner sa position. La psychologie du comportement parle d'assertivité. Le terme désigne un ensemble de conduites : le ton, le choix des mots, le moment choisi, la capacité à maintenir une demande.

Être capable de s'affirmer est un choix personnel qui ne dépend de personne d'autre que soi-même. C'est une attitude que vous allez adopter grâce à vos forces intérieures et votre capacité de communication avec autrui.

En effet, s'affirmer dans son travail, son poste, son rôle, notamment lorsque l'on est manager et que l'on a besoin d'un certain leadership, est également une question d'intelligence relationnelle. Et cette dernière s'appuie sur son pilier : une bonne affirmation de soi.

Repérer son attitude : passif, agressif, manipulateur ou assertif

Avant de travailler sa manière de s'affirmer, il faut savoir d'où l'on part. En situation de tension, quatre attitudes sont possibles : la passivité, l'agressivité, la manipulation et l'assertivité. Les trois premières règlent l'inconfort immédiat et coûtent cher ensuite. La quatrième traite le désaccord sans abîmer la relation.

Attitude Ce qui se dit en réunion Ce qu'elle produit
Passivité "C'est comme vous voulez." Le besoin ressort plus tard, sous forme de retard ou de tension.
Agressivité "Cette idée n'a aucun sens." Le point passe, la relation se dégrade.
Manipulation "Je ne dis rien, mais tout le monde a compris." Le message reste indiscutable, la confiance baisse.
Assertivité "Je ne suis pas d'accord sur ce point, voici pourquoi." Le désaccord est traité, la relation tient.

Personne ne reste dans une seule case. L'attitude change selon l'interlocuteur, l'enjeu et la fatigue du moment. À noter : c'est l'attitude dominante en situation de tension qui compte, pas celle des jours calmes.

Identifier les bénéfices à viser en s'affirmant au travail

S'affirmer produit des effets sur trois plans : la qualité des relations, la capacité à faire aboutir un sujet, la charge mentale. Reste à choisir lequel viser en premier. Un manager qui veut réduire ses tensions d'équipe ne travaille pas les mêmes exercices qu'un expert qui veut être écouté en comité.

Par ailleurs, une communication interpersonnelle ainsi accrue induit une baisse des conflits, car elle permet une diminution des malentendus et autres accrochages.

Une meilleure assertivité induira pour vous, entre autres, les capacités suivantes :

  • Développer votre intelligence relationnelle : accroître votre empathie vis-à-vis des autres, mieux écouter et comprendre les besoins de vos collaborateurs, qui, en retour, accepteront les vôtres induira une communication interpersonnelle de qualité.
  • Augmenter votre force de persuasion : celui/celle qui acquiesce à contrecœur, qui n'ose jamais affirmer ses choix et avis n'a que peu de chances d'être écouté, voire convaincre tout un auditoire.
  • Accroître votre confiance en vous : en osant formuler vos besoins et limites et les faire entendre et respecter par vos collègues, votre confiance en vous évoluera positivement. Cela soignera votre syndrome de l'imposteur, le cas échéant.
  • Réduire votre stress : en étant aligné avec vos valeurs et croyances dans votre communication et vos relations avec les autres, vous diminuerez nettement votre fatigue et votre stress général.
  • Mieux appréhender les conflits : en osant exprimer vos besoins et limites, vous appréhenderez plus sereinement les tensions, car vous saurez garder votre position sans piétiner celle des autres. Vous saurez, par ailleurs, contrer manipulation et autres tentatives d'intimidation.

Comment s'affirmer au travail : 9 exercices concrets

Quelques exercices de mise en pratique vous permettront d'améliorer votre assertivité. Vous pouvez, notamment, expérimenter les pistes suivantes :

  • Sortir de votre zone de confort - osez les challenges, saisissez les opportunités, démarquez-vous, formez-vous.
  • vous démarquer - ayez l'audace de la différence, assumez votre parcours, défendez passionnément vos idées, faites remarquer une erreur ou un non-sens dans un projet, etc.
  • Exprimer vos avis et vos besoins - exprimez votre désaccord en étayant votre avis et en étant constructif, exprimez vos envies et besoins, en argumentant et en les motivant si besoin.
  • Formuler une critique - soyez diplomate et constructif dans vos critiques, adaptez votre mode de communication à votre interlocuteur, notamment lorsqu'il s'agit d'un supérieur hiérarchique ou d’un membre de la direction.
  • Affirmer vos limites - demandez à repousser l'échéance d'un dossier que vous ne pouvez terminer dans les temps impartis quoi qu'il arrive. Déléguez, demandez de l'aide, une formation, un coaching pour un dossier qui vous pose souci. Osez ne pas savoir. Apprenez à recadrer un collaborateur qui va trop loin.
  • Oser dire non - apprenez à refuser de manière diplomate et constructive quand le besoin s'en fait sentir ou bien que l'on cherche à abuser de votre gentillesse ou votre temps.
  • Formuler des demandes claires - soyez clair et précis dans vos requêtes. Assurez-vous que votre interlocuteur les a bien entendues et comprises. Faites-le reformuler.
  • Savoir dire oui - acceptez pleinement vos émotions, engagez-vous dans des causes qui résonnent en vous, osez féliciter, encourager, complimenter.
  • Accepter la critique - les griefs, lorsqu'ils sont constructifs et énoncés avec diplomatie, vous aideront à grandir, à vous améliorer. Il est donc essentiel de savoir les accueillir.

Ces neuf pistes ne se travaillent pas en même temps. Une seule à la fois, sur deux semaines, avec une situation identifiée à l'avance : quel dossier, quel interlocuteur, quelle phrase.

Dire non ou exprimer un désaccord : la méthode en 4 temps

Un refus qui tient se prépare. La méthode DESC, formalisée par Sharon et Gordon Bower dans Asserting Yourself (1976), découpe un désaccord en quatre phrases : les faits, l'effet, la demande, le bénéfice. Elle s'écrit avant l'entretien, pas pendant.

  1. Décrire les faits - sans adjectif ni interprétation."Les trois derniers comptes rendus sont arrivés après la réunion suivante."
  2. Exprimer l'effet - à la première personne, sur un fait précis."Je ne peux pas préparer mes arbitrages dans ces conditions."
  3. Spécifier la demande - une seule, datée. "J'ai besoin du compte rendu sous 48 heures."
  4. Conclure sur le bénéfice - ce que le changement apporte aux deux parties."Les points en attente seront tranchés au bon moment."

Attention : la quatrième étape n'est pas une menace déguisée. Bower et Bower parlent de conséquence positive. Annoncer une sanction referme la discussion au lieu de l'ouvrir.

Une formule à supprimer : "Je comprends votre point de vue, mais...". Le "mais" annule la première partie de la phrase, et l'interlocuteur l'entend ainsi. Deux phrases séparées passent mieux qu'une concession suivie d'une objection.

Près de trois salariés sur dix estiment ne pas pouvoir exprimer un désaccord à leur hiérarchie. Le baromètre "L'état du travail", réalisé par l'institut Vérian pour la CFDT en mars 2025 auprès de 1 003 répondants, mesure 29 % de désaccord avec l'affirmation "je peux m'exprimer si j'ai un désaccord avec mon employeur ou mon chef".

Source : CFDT, Travail et vous - L'état du travail, baromètre 2025. Réserve de lecture : l'enquête est commanditée par une organisation syndicale. Le panel est présenté comme représentatif du paysage professionnel français, à parité femmes-hommes.

Les erreurs qui bloquent l'affirmation de soi au travail

Les premiers essais échouent rarement par manque de courage. C'est souvent le choix du moment, la formulation, ou un objectif mal posé qui en sont la cause.

  • Attendre d'être en colère pour parler. Un désaccord exprimé après trois semaines d'accumulation sort rarement sur le bon ton.
  • Commencer par se justifier. Une demande précédée de trois excuses s'entend comme négociable.
  • Confondre s'affirmer et avoir raison. L'objectif est que la position soit entendue et discutée, pas qu'elle l'emporte à chaque fois.
  • S'entraîner d'abord sur le sujet le plus lourd. Le premier essai se fait sur un enjeu faible, sinon l'échec décourage pour des mois.
  • Croire que le caractère décide de tout. L'assertivité est un ensemble de conduites : elle s'entraîne, comme la prise de parole en public.

La première erreur est la plus coûteuse. Un désaccord gardé trois semaines finit par sortir en réunion, devant témoins, sur un sujet secondaire. Le fond est alors perdu : il ne reste que la forme, et c'est elle qui sera retenue par les personnes présentes.

Ancrer l'assertivité dans la durée après les premiers essais

Une expérience réussie ne suffit pas pour ancrer durablement le comportement. Les anciens réflexes reviennent dès que la charge remonte, et d'abord avec les interlocuteurs difficiles. Trois repères pour aider à tenir.

  • Un débrief écrit après chaque situation. Ce qui a été dit, la réaction obtenue, ce qui serait formulé autrement.
  • Une demande de retour à un pair de confiance. La perception de son propre niveau d'affirmation est rarement exacte.
  • Un rendez-vous mensuel avec soi-même. Une situation évitée dans le mois, et la raison de l'évitement.

Une formation collective d'une journée sur la confiance en soi produit peu d'effets durables. Quand l'évitement est ancien et déborde sur la vie personnelle, un accompagnement individuel est plus efficace.

Passer à l'action dès cette semaine

S'affirmer au travail se joue sur des situations courtes et répétées : une réunion, une demande de délai, un refus. Une situation identifiée, une formulation préparée, un débrief après coup.

Vous avez désormais toutes les cartes en main, alors OSEZ vous affirmer !

A lire aussi : "Communication non violente : principes et étapes de la CNV"

 

PRATIQUE

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Questions fréquentes sur l'affirmation de soi au travail

Comment s'affirmer au travail sans se voir qualifié d'agressif ?

La différence tient à trois éléments : utiliser des faits plutôt que des jugements, qui portent sur un comportement et non sur la personne, avec une discussion qui reste ouverte. Dire " le compte rendu est arrivé en retard trois fois " n'est pas agressif. Dire " tu n'es jamais fiable " l'est.

Quel est le lien entre assertivité et confiance en soi ?

Pour rappel, la confiance en soi est un sentiment : l'idée que l'on se fait de sa capacité à réussir. L'assertivité est un comportement observable : ce qui est dit, à qui, et comment. On peut s'entraîner à s'affirmer avant d'avoir confiance en soi, et la confiance progresse ensuite.

Comment s'affirmer face à un manager qui coupe la parole ?

Voici une suggestion de faire : annoncer le format en ouverture : " j'ai trois points, je les expose puis je réponds aux questions ". Puis reprendre la main sans monter le ton : " je termine ce point et je vous écoute ". Le fond se traite ensuite en tête-à-tête.

Que faire quand s'affirmer expose à des représailles ?

Là on change de nature. Là où le désaccord est sanctionné, le problème n'est plus l'assertivité mais le fonctionnement de l'organisation. Dans ce cas, consigner les faits par écrit, et s'appuyer sur des relais : responsable RH, représentants du personnel, médecine du travail.

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Auteur - Raphaële GRANGER

Forte d’une solide expérience managériale et entrepreneuriale, Raphaële Granger a accompagné de nombreux professionnels avant de se réorienter après un incident médical.

Aujourd’hui sophrologue, psychopraticienne et coach, elle met son expertise au service des profils neuro-atypiques qu’elle accompagne depuis plusieurs années.

Elle réalise notamment des bilans « douance », permettant à chacun de mieux comprendre son fonctionnement et de transformer sa singularité en véritable force - sans chercher à « normaliser » ni à « réparer ».

Elle est également l’autrice du livre L’Étincelle intérieure (édition enrichie), un carnet d’introspection conçu comme un parcours de transformation personnelle et professionnelle.

Ils partagent leur expertise...

Sylvie Grivel min min Sylvie Grivel
Oser s'exprimer pour s'affirmer dans l'entreprise

Sylvie Grivel expose la situation et livre quelques conseils pour oser s'exprimer : livrer des avis, des opinions, de verbaliser des besoins et d’exprimer ce qui convient ou ne convient pas.


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