Plan de trésorerie : de quoi s'agit-il ?
Le plan de trésorerie est un tableau qui permet de calculer la différence entre les encaissements et les décaissements d'une activité pour une période donnée (exercice comptable). Un élément indispensable du prévisionnel financier en cas de création d'entreprise.
En pratique, ce document se présente sous la forme d'un tableau mensuel sur 12 mois - parfois sur 24 mois pour les projets à fort besoin de financement initial. Il constitue la pierre angulaire du pilotage financier à court terme : sans prévisions de trésorerie fiables, le dirigeant navigue à vue et s'expose à des surprises souvent coûteuses.
À ne pas confondre : le plan de trésorerie suit les flux réels d'encaissement et de décaissement (dates de paiement effectives), tandis que le compte de résultat prévisionnel raisonne en termes de produits et charges. Une vente comptabilisée en janvier peut n'être encaissée qu'en mars : c'est précisément ce décalage que le plan de trésorerie met en lumière.
Voir l'outil en ligne interactif plus bas pour construire votre plan de trésorerie
Quelle est son utilité ?
Le plan de trésorerie permet de suivre l'équilibre mensuel de la trésorerie (solde positif ou négatif). C'est également un outil de pilotage qui permet à l'entrepreneur d'avoir une visibilité permanente sur la santé de sa gestion et de faire face à d'éventuels problèmes de trésorerie.
Au-delà de la simple surveillance, les prévisions de trésorerie remplissent plusieurs fonctions stratégiques :
- Anticiper les besoins de financement à venir
- Négocier en position de force avec sa banque
- Planifier les investissements au bon moment
- Rassurer les investisseurs et partenaires financiers
Un plan de trésorerie bien tenu est aussi un signal de sérieux envoyé aux partenaires financiers. Lorsqu'un dirigeant se présente à sa banque avec des prévisions documentées, le dialogue est plus fluide... et les conditions de financement souvent meilleures.
Quelle démarche pour établir un plan de trésorerie ?
Il est généralement préparé au lancement d'une activité. Il est possible d'élaborer son propre outil à l'aide d'Excel en suivant la démarche suivante (un exemple vous est proposé en bas) :
Identification des encaissements et des décaissements
Pour bien commencer, il est essentiel de bien lister les encaissements et les décaissements potentiels liés à son activité, et d'évaluer leur montant. Pour les entreprises existantes, il suffit de reprendre ces informations depuis les comptes d'exploitation.
Les encaissements
Ce sont les recettes que l'entrepreneur prévoit de percevoir, dans le cadre de son activité. Parmi les principaux encaissements, on cite :
- Chiffre d'affaires TTC : prestation de services, ventes de m/ses (selon activité).
- Les subventions et aide à recevoir.
- Les apports financiers (Capital, augmentation de capital, comptes courants d'associés, etc.).
- Les emprunts bancaires ou participatifs.
Pour les créateurs d'entreprise, il convient de bâtir ces prévisions sur des hypothèses réalistes, idéalement issues d'une étude de marché ou de comparaisons sectorielles. Mieux vaut sous-estimer les encaissements que de se retrouver à court de liquidités dès le premier trimestre.
Les décaissements
Il s'agit des dépenses subies par l'entrepreneur pour faire fonctionner son activité. Voici les principaux décaissements :
- Achats TTC : achat de marchandises, matières premières (selon l'activité).
- Autres charges externes : charges de loyer, téléphone, eau, électricité, déplacement, etc.
- Charges de personnel : salaires et charges sociales.
- Les impôts et taxes.
- Charges financières (intérêts d'un emprunt, etc.).
- Les investissements corporels, incorporels et financiers (ex. : outil de production, mobilier de bureau, etc.).
- Les remboursements d'emprunts (échéances globales).
« Il est possible de classifier les encaissements et les décaissements selon qu'ils soient d'exploitation (lié à l'activité) ou hors exploitation (pas de liens directs avec l'activité) ».
Conseil pratique : n'oubliez pas les charges hors exploitation comme la taxe foncière, la cotisation CFE, les primes d'assurance annuelles, etc. Ces sorties ponctuelles font souvent basculer un mois dans le rouge lorsqu'elles ne sont pas anticipées dans les prévisions.
Imputation et calcul du solde
Pour les entreprises existantes
Il est important de bien imputer les recettes au moment de leur encaissement et les dépenses au moment de leur décaissement. À titre d'exemple, une opération de vente effectuée en janvier et encaissée en mars doit apparaître dans les encaissements de mars. Un achat effectué en avril et déboursé en mai doit apparaître dans les décaissements de mai.
Pour le créateur d'entreprise
Pour avoir un solde de trésorerie proche de la réalité, il est recommandé de bien s'informer sur les délais de paiement pratiqués sur son secteur.
Le plan de trésorerie prend en compte le délai de paiement
Il convient ensuite de calculer le solde mensuel. Pour cela, il suffit de faire la différence entre les encaissements et les décaissements du mois (le solde en début de mois est pris en compte dans le calcul).
Exemple de plan de trésorerie
Pour une vision plus claire, voici un exemple de plan de trésorerie sur 12 mois :
| Janvier | ... | Décembre | |
| SOLDE EN DÉBUT DE MOIS | |||
| Chiffre d'affaires encaissé ou prévisionnel (en cas de création) | |||
| Les subventions et aide à recevoir. | |||
| Apport financier | |||
| Emprunts bancaires | |||
| Autres encaissements | |||
| TOTAL ENCAISSEMENT | |||
| Achats TTC | |||
| Charges de loyer | |||
| Eau | |||
| Électricité | |||
| Déplacement | |||
| Téléphone | |||
| Assurances | |||
| Impôts et taxes | |||
| Salaires | |||
| Charges sociales | |||
| Investissements | |||
| Remboursement d'emprunts | |||
| Frais financiers | |||
| Autres décaissements | |||
| TOTAL DECAISSEMENT | 0 | 0 | 0 |
| SOLDE DU MOIS | 0 | 0 | 0 |
| SOLDE CUMULE | 0 | 0 | 0 |
Ce modèle peut être reproduit sous Excel ou dans n'importe quel tableur. Chaque colonne correspond à un mois, chaque ligne à un poste de flux. La lecture du solde cumulé en bas de tableau donne immédiatement une photographie de la santé de trésorerie mois après mois.
Plan de trésorerie: outil en ligne
Outil en ligne
Tableau de plan de trésorerie
Construisez un plan de trésorerie prévisionnel en renseignant les encaissements et décaissements au mois où ils sont réellement prévus. Les rubriques principales sont consolidées automatiquement à partir de sous-rubriques que vous pouvez ajouter, renommer ou supprimer.
Paramètres
Un exemple est chargé par défaut. Vous pouvez l’effacer, le modifier ou ajouter vos propres sous-rubriques.
Prévisions mensuelles
Les lignes principales sont calculées automatiquement. Les rubriques sont repliées par défaut : utilisez le triangle pour afficher les sous-rubriques, puis le bouton + pour en ajouter.
Synthèse
Les résultats sont recalculés automatiquement après chaque modification.
Modifiez l’exemple pour repérer vos mois critiques et estimer votre besoin de financement.
Formule : solde mensuel = total encaissements - total décaissements. Solde cumulé = solde de début + soldes mensuels successifs.
Évolution du solde cumulé
Chaque barre représente le niveau de trésorerie estimé à la fin du mois.
Simulation proposée à des fins pédagogiques. Elle ne constitue pas un conseil financier, comptable, juridique ou professionnel et ne remplace pas l’avis d’un professionnel qualifié.
Quels facteurs sont à l'origine d'une trésorerie négative ?
Une trésorerie négative peut être expliquée par plusieurs facteurs (liste non exhaustive) :
- Une baisse du chiffre d'affaires.
- Une baisse de la rentabilité et de marge bénéficiaire.
- Mauvaise gestion du BFR : expliquée par le décalage entre l'encaissement du paiement client (trop long) et le décaissement du paiement fournisseurs (très court), et aussi suite à une mauvaise rotation de stock (stock important non encore vendu).
- Une distribution de dividendes sans prendre en considération le décalage de paiement (fournisseurs - clients).
À ces facteurs classiques s'ajoutent des causes conjoncturelles souvent sous-estimées : une saisonnalité mal anticipée dans les prévisions, un client important qui retarde ses paiements, ou encore un surinvestissement en début d'activité. La vigilance permanente est de mise.
Signal d'alerte : si le solde cumulé de votre plan de trésorerie devient négatif sur deux mois consécutifs, n'attendez pas pour agir. Plus l'anticipation est précoce, plus les solutions sont nombreuses et moins elles coûtent.
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Comment faire face à un solde de trésorerie négatif ?
Pour éviter un solde négatif, il est possible d'agir sur plusieurs éléments (liste non exhaustive) :
- Négocier un financement à court terme auprès de sa banque (facilité de caisse, découvert, etc.) ou faire appel au financement participatif ; le coût de financement doit être pris en considération dans les deux cas.
- Négocier le délai de paiement client et relancer les mauvais payeurs (maîtrise de la créance client).
- Négocier l'allongement du délai de paiement fournisseur.
- Céder ses créances (affacturage ou cession Dailly).
- Augmenter ses fonds propres.
L'affacturage mérite une mention particulière : il permet de transformer immédiatement des factures clients en liquidités, moyennant une commission. C'est une solution rapide et de plus en plus accessible aux TPE/PME, notamment via des plateformes en ligne qui ont simplifié les démarches.
Les erreurs fréquentes à éviter dans son plan de trésorerie
Même bien construit, un plan de trésorerie peut induire en erreur si certains pièges classiques ne sont pas évités :
- Confondre encaissement et facturation : une facture émise n'est pas une entrée d'argent ; seul le paiement effectif compte dans les prévisions de trésorerie.
- Sous-estimer les décalages de TVA : pour les entreprises soumises à la TVA sur les encaissements, les flux de TVA collectée et déductible ne coïncident pas toujours avec les flux commerciaux.
- Oublier les charges annuelles : certains postes (CFE, prime d'assurance, abonnements annuels) n'apparaissent qu'une fois par an mais peuvent peser lourd sur un mois donné.
- Ne pas actualiser le tableau : un plan de trésorerie figé en début d'année perd rapidement sa valeur. La mise à jour mensuelle , en comparant prévisions et réalisations, est indispensable pour garder le cap.
Auteur - Laurent GRANGER
Fondateur de Manager-go.com, Laurent partage depuis 2008 des outils et méthodes concrètes pour aider les cadres à mieux piloter leur activité. Diplômé d'une école de commerce et titulaire d’un DESS en diagnostic d’entreprise (IAE Lyon 3), il met à profit plus de 30 ans d’expérience plurifonctionnelle en entreprise, du développement commercial et marketing au pilotage organisationnel.
Auteur de plus de 800 contenus pratiques, lus chaque année par des centaines de milliers de professionnels, il s’attache à transmettre des approches applicables, alliant expérience terrain, pédagogie et sens pratique.

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Commentaires
Paul Henri 11 août 2022, 09:59 (Il y a 4 année)
Pour protéger sa trésorerie, une entreprise peut également avoir recours à l'assurance-crédit.
Cette solution se combine parfaitement à l'affacturage pour assurer à l'entreprise d'être intégralement payée pour ses livraisons de marchandises ou ses prestations de services.
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