Six sigma : définition de la méthode et mise en oeuvre

Maj le 18/11/2021 par Clarisse GUIGON

Le Six Sigma fait partie du Lean Management et de la démarche d’amélioration continue, au même titre que le Kaizen, le Kaban ou le Juste-à-temps. Découvrez cette puissante méthode.

Le Six Sigma a vu le jour dans les années 1980 grâce à Motorola et a été mis en place dans les grandes industries une dizaine d’années plus tard.

Pour les entreprises entrant dans l’ère de l’excellence opérationnelle, cette démarche est un moyen pour rechercher l’efficience et l’optimisation dans son organisation.

Définition du Six Sigma

Il s'agit d'une démarche de management et d’amélioration des processus de l’entreprise. Le Six Sigma base sur l’exploitation statistique des données permettant d’analyser et maitriser les paramètres opérants sur un processus. La finalité est de réduire les causes de variabilité pour améliorer la qualité et la fiabilité des produits et des services.

Cette approche se gère en mode projet, orienté client et a un impact fort sur le triptyque : Qualité, Coût, Délai. Ainsi, l’objectif du Six Sigma est d’améliorer les performances des processus de l’entreprise pour garantir une qualité des produits et satisfaire les clients tout en maintenant la compétitivité de l’entreprise.

six sigma min

Domaines d’applications

Le Six Sigma s’applique à toute organisation ayant un système de management opérationnel et une équipe projet permettant de mettre en place cette démarche.

Une industrie ou une entreprise de service peuvent tout aussi bien utiliser le Six Sigma à partir du moment où leurs processus sont déjà bien identifiés et fonctionnels.

Principes et enjeux du Six Sigma

Le principe clé du Six Sigma est de réduire la variabilité d’un processus en actionnant les deux paramètres suivants :

  • réduire la dispersion,
  • centrer le processus.

Pour obtenir ce résultat, il est important d’identifier au préalable les processus clés de l’entreprise et d’avoir les moyens de les mesurer.

 Mettre en place la démarche Six Sigma présente un certain intérêt pour toute entreprise souhaitant :

Limites

Les limites de cette démarche sont de bien connaitre ses processus et de disposer d’une équipe dédiée travaillant en mode projet (Green Belt et Black Belt).

Méthodologie Six Sigma en cinq étapes

La méthodologie utilisée pour mettre en place le Six Sigma est la méthode DMAIC. Elle est structurée autour de cinq étapes, symbolisant le principe de l’amélioration continue.

  1. Définir le but et le champ du projet

    Définir un ou plusieurs processus et créer un groupe de travail avec un chef de projet. L’objectif est de déterminer les critères recherchés et les résultats à obtenir.

    • Définir la problématique, l’objectif recherché
    • Déterminer le processus cible
    • Collecter les attentes et besoins des clients
    • Former l’équipe projet

    Les outils utilisés pour cette première étape sont : Voix du client, SIPOC , analyse fonctionnelle, logigramme, CEM, QQOQCP

  2. Mesurer, rassembler les informations sur le fonctionnement actuel

    Une fois ce périmètre établi, rassembler les informations nécessaires à l'étude. Le but de cette étape est de cartographier l’état actuel des processus qui ont été ciblés et collecter des données tangibles sur lesquelles s’appuyer.

    • Collecter les données mesurables
    • Construire une base de données avec les éléments collectés
    • Mesurer l’état actuel du processus

    Outils et indicateurs à utiliser : cartographie des processus, indicateur de capabilité : (CAM, CMK, CAP, CPK), BSC (Balance Score Card) .

  3. Analyser les dysfonctionnements

    Il est ensuite temps d'assembler toutes les informations collectées et étudier les résultats obtenus.

    • Analyser les mesures du processus
    • Identifier les causes profondes du dysfonctionnement

    Les outils permettant d’analyser les dysfonctionnements sont, entre autres : AMDEC , Analyse de données, Analyse des risques, diagramme de corrélation, test d’hypothèse, plan d’expérience...

  4. Améliorer, mettre en œuvre des solutions

    Après analyse, déterminer des solutions par actions correctives et/ou préventives permettant de réduire la variabilité des processus. Chaque action doit être renseignée dans un tableau de suivi avec la désignation d’un responsable.

    • Identifier les solutions
    • Transposer ces solutions en actions
    • Inscrire ces actions dans un tableau de suivi de plan d’action
    • Désigner un responsable par action

    L’outil sur lequel s’appuyer : tableau de suivi de plan d’action.

  5. Contrôler, maintenir les solutions en pérennisant le travail

    Cette dernière étape consolide la précédente et permet de s’assurer que les solutions choisies ont été bénéfiques. Dans ce cas, il est important de pérenniser les solutions qui ont été apportées.

    • Créer un plan de surveillance
    • Mettre à jour la documentation
    • Former les ressources
    • Communiquer sur les solutions apportées

    Il est important de toujours garder à l’esprit le maintien et l’amélioration permanente des processus et de son système de Management.

    Moyens et outils permettant le suivi régulier de l’efficacité et l’efficience des processus : standards, carte de contrôle, plan de surveillance, indicateurs et tableaux de bord...

Les outils

Pour illustrer la démarche Six Sigma et la méthode DMAIC, voici ci-dessous deux outils de management visuel à utiliser.

L’outil SIPOC est très utilisé dans une démarche Six Sigma. Il permet de cadrer le processus dans sa totalité :

  • Supplier : fournisseurs
  • Input : données d’entrées nécessaires au bon fonctionnement du processus
  • Processus : activité transformant les données d’entrées en données de sorties
  • Outputs : informations, services ou produit final délivrés par le processus
  • Customer : acteurs qui définissent leurs attentes et besoins du produit/service final

La carte de contrôle , quant à elle, est un outil permettant de formaliser et visualiser les résultats des observations effectuées. Et ainsi, comprendre la variabilité du processus étudié :

  1. Identifier le critère à observer
  2. Déterminer le seuil de tolérance acceptable. Réaliser l’étude, les mesures
  3. Formaliser les résultats sur la carte
  4. Etudier les résultats indiqués
  5. Rechercher les causes des critères ne rentrant pas dans le seuil de tolérance

Voir aussi le Kaizen et la stratégie d'amélioration continue



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