Le big boss est une bille…

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Comment garder le cap de votre management lorsque le big boss de votre entreprise – qui s’avère être votre n+1 ou n+2 – est également un big abruti, totalement infect et doté d’une incompétence poussée à l’extrême ?

Comment rattraper les ravages causés par cet être infâme sur les fournisseurs, les clients, vos propres collaborateurs ? Comment ne pas y laisser des plumes, garder toute sa confiance en soi et son intégrité ?

Comment réagir pour ne pas subir ?

Ouch… Sujet épineux…

Il est vrai que chacun d’entre nous est la vieille noix de quelqu’un. Néanmoins, il arrive malheureusement que certaines personnes en haut de la hiérarchie en fassent tout un art et excellent en la matière, rendant ainsi insupportable et difficilement vivable le quotidien professionnel de leurs collaborateurs. Ils mettent à mal la réputation de l’entreprise tout entière, sabrant ainsi le futur

A vrai dire, cette aptitude n’incombe pas uniquement aux DG and co… Certains « n » sont également passés experts en la matière. Toutefois, il est nettement plus simple de les gérer… ou les ignorer ! Dans le cas d’un supérieur, à moins de trouver mieux ailleurs, c’est bien dommage, mais il faut faire avec ! Les choses se compliquent lorsque l’on est un « middle manager ». Il faut alors jongler entre les directives de sa hiérarchie et la cohésion et l’efficacité de son équipe.

Si l’image de votre big boss vous vient à l’esprit et que vous êtes toujours en vie, apprécié de vos collègues et fier de votre travail et de votre équipe, alors félicitations ! Vous maîtrisez totalement la gestion des conflits ! Ou bien vous êtes un as de la voltige !

En effet, gérer des hommes dans de telles conditions s’apparente fortement à du management de haut vol… De la haute voltige, car il faut faire passer les messages, appliquer les règles, atteindre les objectifs, piloter son navire, avancer malgré les vents contraires, orchestrer des figures toutes plus périlleuses les unes que les autres, tout cela sans filet… Les sueurs froides sont légion !

Courage, fuyons ?

Fuir dès la première difficulté serait atrocement puéril. Peut-être avez-vous jugé trop vite… Avant toute chose, il est donc primordial d’avoir la conviction profonde que votre grand patron est réellement médiocre. Et pour cela, le temps est votre meilleur allié. L’avis de vos collègues vous aiguillera. Une opinion allant dans le même sens que la vôtre vous permettra d’éliminer tout éventuel problème relationnel entre le chef et vous, par exemple.

Une fois les faits établis, plusieurs options s’offrent à vous…

Certains middle managers choisissent l’option « esquive ». Ils passent ainsi le plus clair de leur temps à éviter leur supérieur hiérarchique. Moins ils le voient, mieux ils se portent. Cette approche a tout de même des limites évidentes. On ne peut éviter son supérieur indéfiniment. Certes, en côtoyant moins Big Bille, ils ont l’impression de moins s’exposer à ses salves dévastatrices, ses requêtes et exigences de grand malade, ses contradictions en tous genres. Quelle perte d’énergie ! Quel gaspillage de temps ! Combien d’heures précieuses pourraient être bien mieux exploitées qu’en rusant continuellement pour esquiver !

Par ailleurs, cette méthode est totalement inefficace. Les dirigeants de cet acabit ayant un besoin impérieux d’asseoir leur autorité et des tonnes de choses à prouver – ça, nul besoin de le dire – ils vont, au contraire, s’acharner et la situation va empirer. De toute manière, vous ne pourrez pas changer votre big boss ! Alors autant l’analyser pour le comprendre et apprendre à le gérer… A vous de lui montrer que vous ne rentrez pas dans son jeu et que vous n’êtes pas dupe…

Prenez le problème à bras le corps (c’est juste une image…) !

Faire face aux problèmes

Les plus courageux, parce qu’ils aiment leur travail, adorent relever des défis, mais aussi parce qu’ils estiment que l’on a à apprendre de toute situation, refusent de faire l’autruche.

L’exercice requiert énormément de diplomatie, intelligence, du bon sens et une grande confiance en soi. Des qualités essentielles dans ce genre de situation. D’autant qu’avec quelques petites astuces, la tâche sera rendue moins ardue…

Il existe différents traits de caractère communs à tous ces grands dirigeants dont la compétence reste encore à prouver. L’objectif est de les identifier afin de mieux structurer votre stratégie. Par exemple, face à un grand patron manipulateur, il conviendra d’anticiper au maximum et d’être irréprochable, garder le cap. Face à un colérique, il suffira de rester zen et de lui prouver – à travers votre travail et grâce à votre capacité d’anticipation et vos compétences – que vous et votre équipe êtes un atout majeur dans son entreprise. Il devrait (plus ou moins) vite se rendre compte que ses accès de colère ne servent à rien d’autre sinon lui permettre de se défouler injustement.

Face à un total incompétent, nul besoin d’obéir à des ordres absurdes. Cela finirait par vous retomber dessus ! Sans ruer dans les brancards, laissez filer et restez concentré sur l’essentiel. Un ordre irrationnel sera vite plongé dans les oubliettes…

Dans les meilleurs cas, les middle managers avancent en rattrapant constamment les erreurs. Ils prennent indirectement la place du grand chef. Cela ne fonctionne qu’un temps, car rares sont les encouragements, les récompenses et les reconnaissances face à de tels comportements héroïques. Nombreux sont ceux qui se lassent et finissent par quitter le navire. Le positif dans tout cela ? Ils auront énormément appris ! Notamment quant à toutes les erreurs à éviter si l’on veut être un bon manager !

En conclusion : si, malgré tous vos efforts, la situation reste explosive et invivable, ne vous acharnez pas et n’ayez aucun scrupule à aller voir ailleurs ! Il y a de fortes chances pour que l’herbe y soit plus verte !