Qu'est-ce que le lâcher-prise au travail ?
Il s'agit d'une démarche consistant à se libérer de ce besoin de maîtriser, de ces chaînes qui nous retiennent, nous empêchent de nous épanouir pleinement.
Tout vouloir constamment contrôler est en effet le propre de celles et ceux qui n'arrivent pas à lâcher prise. Or ce besoin interne et personnel peut emprisonner le manager dans une posture à la fois néfaste pour lui-même, mais également pour toute son équipe. Il est donc essentiel d'apprendre à "lâcher prise". Ce qui ne veut pas dire fuir ses responsabilités...
Le saviez-vous ?
Selon une étude de l'INRS, le stress au travail représente la deuxième cause de maladie professionnelle en France. Le besoin de tout contrôler figure parmi les principaux facteurs de stress chronique identifiés chez les managers. Apprendre à gérer son stress en lâchant le contrôle n'est donc pas un luxe : c'est une nécessité de santé.
Qu'est-ce qui empêche de prendre du recul au travail ?
Les causes à l'origine de ce sentiment sont nombreuses. Elles prennent racine dans notre éducation, notre passé, les expériences que nous avons vécues, mais aussi nos croyances, notre vision des choses. Pour les managers, leur vision de la posture en elle-même, etc.
Pour un manager qui use de micro-management à outrance, la difficulté à lâcher prise peut être induite par des craintes de différents types :
- peur de perdre le contrôle
- peur de l'inconnu ou de l'incertitude
- peur de l'échec
- peur de perdre sa légitimité et/ou son poste
mais également par des éléments tels :
- des émotions négatives liées à la situation ou à l'interlocuteur du moment (guerre d'égos, communication biaisée…)
- des difficultés à gérer la critique ou à accepter un point de vue différent
- le sentiment de devoir toujours avoir raison, toujours savoir mieux que les autres
- de mauvaises habitudes ancrées sur la durée, difficiles à déconstruire
- un besoin important de reconnaissance personnelle et professionnelle
- un certain sentiment de culpabilité lié à la délégation ou à l'inaction apparente
Ces freins sont souvent inconscients. La première étape pour apprendre à prendre du recul au travail consiste précisément à les identifier, sans jugement, pour pouvoir les dépasser.
Pourquoi lâcher prise est une compétence managériale clé ?
Se délester de certains poids permet notamment au manager de :
- favoriser l'autonomie : trop contrôler réduit le degré d'engagement des collaborateurs et sape les prises d'initiatives.
- permettre à chaque membre de l'équipe de s'épanouir : les collaborateurs peuvent mettre tous leurs talents au service du groupe.
- encourager la créativité : libéré d'un contrôle continu, chacun se sent libre de proposer de nouvelles idées, des solutions disruptives…
- développer la collaboration : impliquer ses collaborateurs dans les prises de décision induit responsabilisation et coopération accrues.
- renforcer la cohésion : donner du sens aux missions de chacun dans un objectif commun, partager les responsabilités, booster l'esprit d'appartenance à une équipe.
À ces bénéfices collectifs s'ajoutent des effets positifs très concrets sur la santé du manager lui-même : diminution du niveau de cortisol, réduction des symptômes de stress, meilleure qualité de sommeil et, in fine, prévention de l'épuisement professionnel.
Leadership et lâcher-prise : un équilibre à trouver
Le manager doit mener ses missions à bien pour l'entreprise. Pour cela, il a à sa disposition un certain nombre de moyens - financiers, techniques et humains. Seul, il lui serait bien difficile de tout gérer et atteindre ses objectifs. Il doit ainsi orchestrer les talents dont il a la responsabilité et faire en sorte que ce collectif - dont il fait intégralement partie - réfléchisse et travaille dans une seule et même direction.
Même si le leader a la responsabilité du management de son équipe, il est important pour lui de garder en tête que tout ne repose pas sur ses épaules et qu'il doit être capable de prendre un certain recul, lâcher prise, afin de gagner en sérénité, mais également mieux manager.
Prendre du recul au travail ne signifie pas se désengager : c'est adopter la bonne hauteur pour voir l'ensemble du tableau, repérer les dynamiques collectives et orienter sans étouffer. C'est précisément cette posture qui distingue un manager efficace d'un manager épuisé.
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Comment lâcher prise au travail ? Les 4 étapes clés
Savoir lâcher prise s'apprend. Voici les étapes du lâcher-prise :
- Identifier la cause de sa difficulté à lâcher prise : croyances limitantes, mauvaises expériences, manque de confiance en soi, éducation…
- Décider de changer de comportement : mettre son ego de côté, accepter ses limites, prendre conscience que la perfection est subjective…
- Réfléchir aux "bénéfices personnels" - contrôle, légitimité, sérénité, etc. - induits par le non lâcher-prise et en identifier les moteurs. Sont-ils émotionnels, relationnels… ? Quelles injonctions nous obligent à résister et pour quelle "satisfaction" ? Que nous apporte ce non lâcher-prise ?
- Remplacer les comportements/pensées négatives par des comportements/pensées positives alternatives ayant les mêmes effets.
Exemple concret
Au lieu de prendre du temps, de l'énergie et de l'agacement à reprendre toute la rédaction d'un compte-rendu de réunion simplement parce qu'il ne correspond pas scrupuleusement à la façon dont on l'aurait soi-même rédigé, se contenter de vérifier que tous les éléments clés sont bien présents et se concentrer sur autre chose de plus constructif.
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Techniques concrètes pour prendre du recul dans son poste
Prendre du recul sur les situations
Il est crucial de garder en tête que personne ne peut tout contrôler, que ce soit dans sa vie personnelle ou professionnelle. Certains éléments sont et demeureront toujours hors de notre maîtrise. Il est intéressant d'accepter que toute situation est composée de 3 éléments :
- ce que l'on peut maîtriser, changer, ce sur quoi on peut agir directement,
- ce que l'on peut influencer, sur ce quoi il est possible d'agir indirectement,
- ce que l'on ne peut ni contrôler ni influencer, ce qui est et demeure, quoi que l'on fasse.
Il est ainsi important pour le manager désireux de lâcher prise de faire preuve d'humilité et d'accepter que tout ne dépend pas de lui. Il lui faut penser équipe - réussite commune.
Pour ce faire, il peut être attentif aux résultats, se focaliser sur le "quoi" davantage que sur le "comment", notamment lorsqu'il délègue. Il doit ainsi fixer des objectifs et laisser ses collaborateurs trouver le chemin pour les atteindre, sans interférer si leur façon de faire n'est pas celle qu'il aurait lui-même mise en place pour les atteindre.
Lorsque les collaborateurs peinent à réaliser leurs missions, il peut se mouvoir en coach, en véritable soutien désireux de faire croître l'autonomie et la responsabilité de chacun.
Accepter l'échec pour avancer
Il s'agit ici pour le manager d'accepter ses limites, mais également celles de ses collaborateurs. Prendre conscience que l'erreur est nécessaire pour évoluer et s'améliorer, voir chaque écueil comme une opportunité d'apprendre et accepter que la perfection n'existe pas.
L'un des rôles du leader est de sécuriser les échecs de ses collaborateurs : les laisser se tromper sans que cela n'ait de graves conséquences sur leur travail, les projets ou bien encore l'entreprise.
Le manager peut ainsi mettre en place un cadre suffisamment large pour que son équipe puisse être autonome et se tromper sans impacts trop critiques ou dramatiques sur le travail et l'organisation.
Il peut également demander à renforcer ses soft-skills et/ou acquérir d'autres compétences managériales essentielles à sa mission.
Communiquer efficacement plutôt que de sur-contrôler
Il est crucial pour le manager de savoir ce qui se passe au sein de son équipe - sans pour autant contrôler en permanence le travail effectué. Il est tout aussi essentiel pour ses collaborateurs d'avoir une certaine vision de ce qui se passe à un niveau plus global des projets, de l'entreprise, etc.
Cela passe par une communication fluide. Outre s'ouvrir aux autres, faire confiance - à soi et à autrui - et maîtriser ses émotions, il est opportun pour le manager de rythmer sa communication managériale de manière pertinente. L'objectif étant de communiquer suffisamment afin de répondre aux différents besoins de chacun - manager et collaborateurs - sans tomber dans le piège de la sur-communication : informations reçues en double ou en triple, messages contradictoires, bruit informationnel…
Par ailleurs, la communication peut également aider le manager à ne pas se sentir isolé. En effet, on observe parfois une certaine distance entre un manager et ses collaborateurs. Distance que certains leaders peinent à apprivoiser ou qui leur procure davantage de mal-être que de réassurance.
Sortir de sa zone de confort
Le management est un exercice particulier qui coupe parfois du terrain. Le tout nouveau manager peut se sentir quelque peu déboussolé et avoir l'impression de ne pas contribuer pleinement, produire du concret, sa mission étant principalement l'articulation des talents.
Pour éviter ce sentiment, il est judicieux d'oser sortir de sa zone de confort, se lancer des défis, accepter des challenges en dehors de sa posture.
Il peut également être intéressant de se lancer dans un projet personnel, suivre une passion mise de côté jusqu'alors par faute de temps, par exemple. Le manager abandonnera ainsi petit à petit son besoin de contrôle et sera davantage dans le lâcher-prise au travail.
Apprendre à respirer : une technique antistress immédiate
La pratique d'exercices de respiration est un véritable pilier du lâcher-prise. En effet, cela permet entre autres de réduire stress et anxiété et ainsi éviter le burn-out pour d'expérimenter le moment présent.
La respiration abdominale lente active le système nerveux parasympathique, réduisant mécaniquement le rythme cardiaque et le taux de cortisol. Pratiquée quelques minutes par jour, cette technique simple suffit à modifier l'état émotionnel et à retrouver la capacité à relativiser la situation.
Autres approches complémentaires pour évacuer le stress
- Méditation de pleine conscience (mindfulness) : 10 min/jour
- Sophrologie ou séance de relaxation guidée
- Activité physique régulière (libération d'endorphines)
- Visualisation positive avant une situation stressante
- Hypnose ou coaching de gestion du stress
Ces pratiques ne remplacent pas un suivi professionnel en cas de stress chronique avéré, mais constituent des outils antistress efficaces au quotidien.
Auteur - Raphaële GRANGER
Forte d’une solide expérience managériale et entrepreneuriale, Raphaële Granger a accompagné de nombreux professionnels avant de se réorienter après un incident médical.
Aujourd’hui sophrologue, psychopraticienne et coach, elle met son expertise au service des profils neuro-atypiques qu’elle accompagne depuis plusieurs années.
Elle réalise notamment des bilans « douance », permettant à chacun de mieux comprendre son fonctionnement et de transformer sa singularité en véritable force - sans chercher à « normaliser » ni à « réparer ».
Elle est également l’autrice du livre L’Étincelle intérieure (édition enrichie), un carnet d’introspection conçu comme un parcours de transformation personnelle et professionnelle.
Ce dossier est référencé dans : Développement personnel : améliorez votre performance professionnelle - Devenir manager -

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