Qu'est-ce que la valeur ajoutée ?
La valeur ajoutée représente la différence entre les ventes (le chiffre d'affaires) et le coût des ressources consommées (matières, sous-traitance, etc.) . Elle ne prend pas en compte les frais de personnel et le coût des moyens de production (amortissements). La valeur ajoutée correspond à la création de richesse générée par les activités de l'entreprise.
Calcul de la valeur ajoutée : formule et exemple chiffré
La valeur ajoutée se calcule à partir du compte de résultat, en retranchant du chiffre d'affaires les biens et services consommés pour produire.
Valeur ajoutée = chiffres d'affaires - Coûts des ressources consommées (biens et services)
Exemple : une entreprise facture 500 000 € de chiffre d'affaires sur l'exercice. Elle consomme 220 000 € de matières, de sous-traitance et d'achats et charges externes. Sa valeur ajoutée s'élève à 280 000 €.
A savoir que, outre les matières premières et marchandises, les ressources consommées comprennent également les autres achats et charges externes, libellé présent dans le plan comptable. Il s'agit d'un ensemble de charges très diverses comme les loyers, les frais de téléphone, de déplacement, les frais de personnel intérimaire, d'affranchissage, etc.

Calcul à partir des Soldes Intermédiaires de Gestion
Elle s'estime directement après le calcul de la marge brute (et avant l'excédent brut d'exploitation - l'Ebe) :
VA = marge brute (marge commerciale + production de l'exercice - consommations de matières) - consommations de l'exercice en provenance des tiers.
La marge brute est la différence entre les ventes et les coûts d'achats de matières pour une entreprise de production. Pour une entreprise de services, notamment de négoce, il est question de marge commerciale, soit la différence entre le chiffre d'affaires et le coût des marchandises vendues.
La valeur ajoutée se répartit entre salaires, impôts et profits
La valeur ajoutée générée par l'entreprise ne reste pas entre les mains des actionnaires. Elle se répartit entre plusieurs bénéficiaires :
- les salaires versés aux employés,
- le financement des investissements à travers l'amortissement,
- les partenaires financiers,
- les impôts payés à l'État,
- les bénéfices réalisés par l'entreprise. Et par conséquent, la rémunération des actionnaires.
Ce partage varie selon la politique de rémunération et d'investissement de chaque entreprise.
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6 ratios de valeur ajoutée à calculer pour un diagnostic financier
Quatre ratios permettent d'exploiter la valeur ajoutée pour un diagnostic financier : la capacité à créer de la richesse, le degré d'intégration, la productivité de la main-d'œuvre et la structure des coûts.
Évaluer la capacité de création de richesse
Ce premier ratio rapporte la valeur ajoutée aux facteurs de production :
Valeur ajoutée / (frais de personnel + dotations aux amortissements) .
Il mesure l'aptitude de l'entreprise à créer de la richesse à partir de la masse salariale et des moyens de production immobilisés.
A voir également le calcul et l'utilisation de l'EBITDA , une autre approche pour évaluer la création de richesse.
Apprécier le degré d'intégration avec le ratio VA/production
Le ratio Valeur ajoutée/production indique le degré d'intégration de l'entreprise.
Utilisé pour un diagnostic , cet indicateur reflète le positionnement de l'organisation sur ses marchés.
Évaluer la productivité de la main-d'œuvre
Il s'agit du ratio Valeur ajoutée / effectif. Il renseigne sur la production de valeur ajoutée par personne.
Diagnostiquer la structure des coûts avec 3 ratios
Là aussi pour un diagnostic financier, une batterie de 3 ratios apportent un éclairage sur la répartition de la valeur ajoutée :
- Frais de personnel / Valeur ajoutée
- Dot. amortissement / Valeur ajoutée
- Frais financiers / Valeur ajoutée
Le ratio de dotations aux amortissements / VA d'une société industrielle sera élevé, alors que pour une société de service, le poids des frais de personnel sera prédominant. Là encore il s'agit de comparer les performances dans le temps et dans l'espace.
Les erreurs qui rendent le calcul de la valeur ajoutée inutilisable
Le calcul de la valeur ajoutée semble simple. Trois erreurs reviennent pourtant régulièrement et faussent la lecture du résultat, que ce soit pour un diagnostic interne ou une comparaison avec la concurrence.
- Confondre valeur ajoutée et excédent brut d'exploitation. La VA ne retranche pas les frais de personnel ni les impôts et taxes, contrairement à l'EBE : les deux indicateurs mesurent des choses différentes.
- Oublier une partie des charges externes. Locations, sous-traitance ou honoraires sont parfois classés ailleurs dans le compte de résultat et absents du calcul, ce qui gonfle artificiellement la valeur ajoutée affichée.
- Comparer des valeurs ajoutées brutes entre entreprises de tailles différentes. Sans rapporter le résultat à l'effectif ou à la production, la comparaison ne dit rien de l'efficacité réelle de chaque structure.
Une valeur ajoutée affichée seule, sans son ratio de référence, sert surtout à remplir un tableau de bord. Ce qui pilote une décision, c'est son évolution dans le temps et sa comparaison avec le secteur.
Améliorer la valeur ajoutée de l'entreprise : 2 leviers
Pour faire croitre la valeur ajoutée produite, vous pouvez :
Augmenter le chiffre d'affaires : en améliorant votre stratégie, en vous développant commercialement (conquête de nouveaux clients, fidélisation de la base actuelle...), en enrichissant votre offre marketing ( innovation produits et services , meilleure connaissance de votre marché, etc.), en affinant votre communication pour améliorer la perception de la valeur offerte, etc.
Optimiser les coûts d'exploitation : en améliorant l'efficacité des facteurs de production (technologie et processus de production, organisation du travail, coûts administratifs, externalisation des activités sans valeur , etc.), ainsi qu'en réduisant les défauts / rebuts (qualité) et en augmentant l'efficacité de l'utilisation des ressources.
L'optimisation de ces leviers permet d'accroitre la valeur ajoutée et, par conséquent, la production de richesse.
Après le calcul : passer du ratio à la décision
Le calcul terminé, le chiffre seul n'aide pas à décider. Exemples d'usages concrets pour en tirer parti :
- Suivre l'évolution du ratio d'une année sur l'autre. Une valeur ajoutée stable en euros mais en baisse relative au chiffre d'affaires signale une pression sur les achats ou les prix de vente.
- Comparer le taux au secteur d'activité. La Banque de France et l'Insee publient des données sectorielles qui permettent de situer l'entreprise par rapport à ses pairs.
- Intégrer le résultat dans le plan d'investissement ou la négociation salariale. Un ratio en progression justifie plus facilement un projet d'investissement ou une revalorisation des rémunérations.
Le calcul de la valeur ajoutée n'est qu'un point de départ. Structurer ces ratios dans un diagnostic financier complet et suivre leur évolution d'un exercice à l'autre transforme un chiffre isolé en outil de pilotage.
Auteur - Laurent GRANGER
Fondateur de Manager-go.com, Laurent partage depuis 2008 des outils et méthodes concrètes pour aider les cadres à mieux piloter leur activité. Diplômé d'une école de commerce et titulaire d’un DESS en diagnostic d’entreprise (IAE Lyon 3), il met à profit plus de 30 ans d’expérience plurifonctionnelle en entreprise, du développement commercial et marketing au pilotage organisationnel.
Auteur de plus de 800 contenus pratiques, lus chaque année par des centaines de milliers de professionnels, il s’attache à transmettre des approches applicables, alliant expérience terrain, pédagogie et sens pratique.

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