Qu'est-ce qu'une cartographie des risques ?
La cartographie des risques est un outil de gestion permettant de représenter tous les risques inhérents au projet et de définir leurs impacts pesant sur leur projet. Il s'agit d'une représentation visuelle pouvant prendre différentes formes : matrice, tableau, logigramme, processus, carte mentale, etc.
Elle facilite la compréhension du sujet abordé et la transmission d'informations entre toutes les parties prenantes.
Définition et typologie des risques
Un risque dans un projet est un événement plus ou moins probable pouvant entrainer un dommage et nuire au bon déroulement du projet.
La notion de risque englobe à la fois la probabilité de survenance d'un incident et l'ampleur de ses conséquences potentielles. Cette double dimension conditionne la criticité du risque et guide les directions dans leurs choix de mitigation.
Il existe deux types de risques :
- les risques endogènes - générés par l'activité de l'entreprise
- les risques exogènes - non générés par l'entreprise et pouvant affecter le projet
Une situation devient un risque à partir du moment où elle a un impact sur l'entreprise.
Au-delà de cette classification fondamentale, on distingue également les risques selon leur nature :
- risques financiers menaçant la trésorerie,
- risques industriels liés à la production,
- risques commerciaux pesant sur le portefeuille client
- etc.
Chaque catégorie exige une stratégie de prévention spécifique et une évaluation adaptée selon le contexte de l'entreprise.
Intérêt de concevoir une cartographie des risques
La cartographie des risques assure la pérennité du projet. Cette représentation permet au chef de projet de synthétiser tous les risques liés au projet et de rechercher des solutions pour les maitriser.
Disposer d'une cartographie actualisée permet d'identifier et gérer les risques de manière proactive plutôt que réactive. Cette démarche s'inscrit parfaitement dans les référentiels QSE (Qualité Sécurité Environnement) et répond aux exigences croissantes en matière de sécurité au travail et de conformité réglementaire.
Cette matrice va permettre de :
- définir les forces et les faiblesses du projet en analysant chaque scénario de risque
- rechercher les opportunités et les menaces pesant sur la réussite de vos objectifs
Dans le but de :
- éviter l'apparition des facteurs de risques en amont grâce à une veille active
- limiter les effets des incidents par des plans d'actions préventifs et correctifs
Ainsi, maitriser les risques du projet permettra d'anticiper l'apparition de problèmes et d'anomalies.
L'utilisation de telles matrices facilite également la priorisation des actions selon la criticité des risques. Elle permet de hiérarchiser les menaces et d'allouer les ressources aux vulnérabilités majeures qui requièrent une attention immédiate, tout en assurant une surveillance des points secondaires.
Voir aussi : gestion des risques et décision
Les conséquences d'un projet sans cartographie des risques
Les conséquences peuvent être néfastes, voire fatales, si aucune cartographie des risques n'est effectuée :
- Taux d'échec dans le projet
- Budget alloué augmenté
- Risques d'erreurs croissants
- Date limite non respectée
- Prise en compte incomplète des normes et réglementations obligatoires
- Etc.
L'absence de cartographie expose l'entreprise à une vulnérabilité accrue face aux aléas. Sans vision structurée des menaces, les équipes naviguent à l'aveugle et perdent un temps précieux à gérer des crises qui auraient pu être anticipées. A savoir qu'il est obligatoire de formaliser l'analyse des risques professionnels (DUERP).
Méthodologie : les 5 étapes pour construire votre cartographie des risques
La réalisation d'une cartographie des risques s'inscrit dans une démarche en cinq étapes selon le process ci-dessous :
Construire le groupe de travail
Cette première étape consiste à mettre en place une organisation de travail pour créer la cartographie des risques. Le chef de projet doit être présent, ainsi que chaque personne ayant une connaissance technique et/ou organisationnelle sur le projet.
La composition de ce groupe est déterminante pour la qualité des évaluations. Il convient d'intégrer des profils variés : opérationnels de terrain qui connaissent la réalité quotidienne, experts métiers capables d'identifier les risques techniques spécifiques, représentants des directions pour arbitrer sur l'appétence au risque acceptable, et idéalement un spécialiste du management des risques pour structurer la démarche. Cette diversité garantit une vision à 360° des menaces potentielles.
Identifier les risques
L'Identification des risques consiste à lister tous les risques liés au projet. Cette étape a pour but d'étudier un ensemble de risques, scenarii d'événements en se basant sur un historique et sur des dires d'experts pour envisager des situations extrêmes.
Les différents types de risques auxquels vous pouvez faire face :
- Financiers
- Techniques
- Humains
- Environnementaux
- Organisationnels
- etc.
Pour enrichir cette phase d'identification, plusieurs méthodes éprouvées peuvent être mobilisées : l'AMDEC (Analyse des Modes de Défaillance, de leurs Effets et de leur Criticité) pour les risques industriels, les ateliers de brainstorming pour stimuler la créativité collective, l'analyse de retours d'expérience sur des projets similaires, ou encore la consultation de bases de données de risques sectoriels. N'oubliez pas d'inclure les cyber-risques, dont la fréquence de survenance ne cesse de croître.
Lors de cette étape, les pièges à éviter :
- Confondre risques et aléas
- Confondre cause et conséquence
Un aléa représente un événement externe et imprévisible, tandis qu'un risque implique la possibilité d'un impact négatif pour l'organisation. Cette distinction est fondamentale pour construire des scénarios cohérents et déployer les bonnes stratégies de prévention.
Analyser les risques
L'analyse des risques est une donnée d'entrée à la cotation des risques permettant de comprendre la nature du risque en prenant en compte les causes, les sources et les conséquences (positive et négative). Cette partie regroupe les sources potentielles de dommage pour le projet.
Cette phase d'analyse requiert une approche systématique. Pour chaque risque identifié, il convient de documenter précisément : l'origine (interne ou externe), les facteurs déclencheurs, les conséquences directes et indirectes sur les objectifs du projet (délai, coût, qualité, périmètre), ainsi que les parties prenantes impactées. Cette analyse approfondie constitue le socle des évaluations qui suivront et conditionne la pertinence du pilotage du risque.
Évaluer les risques
L'évaluation des risques détermine l'acceptabilité des situations à risques identifiées. Cette évaluation s'effectue par la combinaison de plusieurs facteurs :
- La fréquence : mesure la probabilité d'occurrence de la situation dommageable.
- La gravité : mesure les conséquences du sinistre.
La combinaison de la fréquence et de la gravité donne lieu à la criticité. Une échelle doit être définie pour chacun d'eux.
Concrètement, une matrice de criticité est construite avec en abscisse la probabilité de survenue (de rare à très fréquent) et en ordonnée l'impact potentiel (de négligeable à catastrophique). Chaque risque est positionné dans cette matrice, ce qui permet de visualiser instantanément les zones d'attention prioritaires. Cette représentation facilite le dialogue avec les décideurs et l'allocation des budgets de mitigation.
À cette étape, il est très important de définir :
- les risques acceptables
- la limite d'acceptation
- les risques non acceptables
L'objectif est de définir les zones de risques :
- risques fréquents caractérisés par une fréquence élevée et une gravité faible
- risques graves avec une gravité forte et une fréquence faible
- risques insignifiants, c'est-à-dire avec une fréquence et une gravité faible
- risques élevés, soit une fréquence et une gravité forte
- risques moyens : fréquence et gravité moyenne
Pour hiérarchiser efficacement, il est recommandé de définir un seuil de criticité au-delà duquel un risque maîtrisé devient un risque inacceptable nécessitant une action immédiate. Ce seuil varie selon les différentes organisation et doit être validé par le management.
Les pièges à éviter à cette étape sont, notamment :
- faire une évaluation subjective
- confondre risque mineur et solution évidente
- omettre de définir un seuil de risque acceptable
Définir un plan d'action
Cette dernière étape a pour but de définir un plan d'action permettant principalement de :
- supprimer les risques
- réduire les risques
Comment faire ?
- Prendre en compte les risques se trouvant au-dessus du niveau de risque acceptable.
- S'intéresser en priorité aux risques élevés, puis aux risques avec une gravité forte et finir par les risques avec une fréquence élevée.
- Définir les actions pour répondre aux menaces et profiter aux mieux des opportunités.
Pour être précis, 4 stratégies de traitement s'offrent à vous selon les scénarios : éviter le risque en modifiant le projet, transférer le risque via une assurance ou un contrat de sous-traitance, réduire le risque par des mesures de mitigation, ou accepter le risque en connaissance de cause pour les menaces mineures. Chaque action doit être associée à un responsable, un délai et un budget prévisionnel.
Le piège à éviter : oublier de budgétiser son plan d'action. Voir aussi comment faire un plan d'urgence (plan de contingence) pour traiter les risques identifiés qui surviennent.
Les plans d'action doivent être intégrés au plan global du projet et faire l'objet d'un suivi régulier lors des comités de pilotage. La mise en œuvre d'indicateurs de performance permet de mesurer l'efficacité des mesures déployées et d'ajuster la stratégie si nécessaire.
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À quel moment établir votre cartographie des risques ?
Dans la conduite d'un projet, plusieurs étapes sont indispensables, telles que : expression du besoin, analyse fonctionnelle de besoin, planification du projet, évaluation des charges, plan de communication, etc.
La cartographie des risques fait partie de ces étapes essentielles. Néanmoins, pour que le chef de projet et ses collaborateurs puissent la concevoir, il est important que le projet soit bien cadré en amont. Si des éléments sont omis lors de l'étude préalable, tous les risques ne seront pas identifiés.
Le timing est crucial : trop tôt, vous manquerez d'informations fiables pour réaliser des évaluations pertinentes ; trop tard, certains risques auront déjà produit leurs effets. L'idéal consiste à démarrer l'identification dès que le périmètre du projet est stabilisé.
En résumé, la cartographie des risques est à établir après le cadrage du projet, avant la réalisation de celui-ci, puis tout au long des revues du projet.
Important : cette cartographie n'est pas un exercice ponctuel figé dans le temps. Elle doit vivre et évoluer au rythme du projet, être mise à jour lors de chaque comité de pilotage pour refléter l'évolution des menaces et l'efficacité des mesures de mitigation déployées.
Exemples concrets de risques dans un projet
Pour illustrer cette cartographie des risques, voici quelques exemples des risques les plus courants dans un projet :
- défaillance d'un fournisseur
- besoin du client mal défini ou changement
- absence de veille technologique
- ressource indisponible
- sous-traitant ne respectant pas le cahier des charges
- matière première en rupture de stock
- etc.
Au-delà de ces classiques, pensez également aux risques émergents tels que : cyberattaques paralysant le système d'information, perte de compétences critiques suite à un départ non anticipé, non-conformité réglementaire entraînant des sanctions, ou encore rupture dans la chaîne logistique impactant les délais de livraison. Chacun de ces scénarios mérite une évaluation spécifique et des plans d'actions adaptés.
Voir ses publications Auteur - Clarisse GUIGON
La satisfaction client a toujours été l’objectif de Clarisse que ce soit pour le client interne ou externe.
Depuis son entrée dans le monde du travail, il y a 10 ans, ses expériences l’ont amenée à gérer de multi-projets dans les industries ou les services.
Diplômé de Master en Management de la Qualité, Sécurité et Environnement, rédiger des articles permet à Clarisse de partager ses connaissances et vous éclairer sur votre travail au quotidien.
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