Proof of concept : l'essentiel à connaître pour l'utiliser à bon escient

Maj le 20/05/2018 par Laurent GRANGER

Vulgarisé avec l'apogée du digital et le mode des startup, le proof of concept (ou "preuve de concept" en Français, mais également sous l'acronyme PoC) occupe une place importante dans les méthodologies de gestion de projet.

Définition du proof of concept

Il s'agit d'une démarche visant à vérifier qu'une théorie, un concept ou encore une idée (la plupart du temps innovant) "peut fonctionner" d'un point de vue marketing, économique, technique. Elle s'applique à tout type de sujets : création d'un nouveau produit, réorganisation d'un service, développement d'un logiciel, etc.

Le but d'une preuve de concept est de démontrer l'existence d'une opportunité (on parle également de "désirabilité") et/ou la faisabilité d'un système. La démarche consiste à répondre à la question "Est-ce que cela peut être fait ?" Avec les 2 dimensions suivantes : est-ce que les clients ont besoin de ce produit / le désirent-ils ? / Est-on capable de le faire ? La réponse est oui ou non, "GO" ou "NO GO" .

 

 

Le proof of concept est utilisé très en amont dans le processus de gestion de projet. Il participe au cadrage. Il peut d'ailleurs prendre la forme d'un "mini projet".  Prisé par les méthodes agiles , le PoC est également utilisé par l'approche design thinking .

Cette approche peut prendre la forme d'une étude (test de concept par exemple) , d'un prototype minimal afin de montrer ce que peut être le produit ou service (voir plus bas la différence avec la phase de prototypage dans le cycle de vie d'un projet) , etc.

Derrière cette appellation se cache une pratique utilisée depuis longtemps dans de nombreux domaines. En effet, nombre de projets débutent par une phase de testing pour valider les hypothèses de départ.  Cet outil s'inscrit ainsi pleinement dans un contexte requérant toujours plus d'agilité et de rapidité face à un consommateur devenant insaisissable.

Différences avec le prototype et le Minimum Viable Products (MVP)

La littérature sur internet livre différentes définitions, interprétations et usages de ces outils. Pour certains, le PoC est un prototype qui, au fur et à mesure d'itérations et d’interactions avec les utilisateurs, se transforme en produit final. Pour d'autres, il représente une phase limitée en début de projet, le prototypage étant une seconde étape (même si un PoC peut prendre la forme d'un prototype, la finalité est toujours de vérifier la faisabilité et la désirabilité du livrable). C'est cette dernière vision que nous présentons ci-après :

Le prototype

Parfois confondu avec le PoC, le prototype se positionne plus tard dans le cycle de vie du projet . Il apporte une réponse à la question " Comment sera-t-il fait ? ". Son but est de vérifier l'adéquation des fonctions et de l’utilisabilité du produit (ou service) au besoin, à ses usages en présentant une version simplifiée aux utilisateurs clés. Par exemple, pour une application mobile, il peut s’agir d'une succession d'images écran pour simuler la navigation. Pour un produit physique, une maquette en carton pour une première manipulation. Le prototype permet également de traiter les dimensions techniques du produit.

Le Minimum Viable Products (MVP)

Le MVP - cher au Lean startup - est, quant à lui, un produit totalement fonctionnel, possédant les caractéristiques essentielles pour être testé à grandeur nature sur un marché auprès des "early adopters". Soit une version minimale du produit final qui, contrairement au prototype, est commercialisé. Il répond à la question " Est-ce viable ?" . Il s'inscrit dans une démarche itérative afin de construire le produit idéal en l’enrichissant au fur et à mesure des retours. Il permet de lancer très rapidement une boucle d'apprentissage.

    A noter : la notion de "Pilote" se rapproche du MVP, avec l'idée d'industrialisation et de commercialisation sur un périmètre réduit.

Outil : proof of concept

Les avantages du PoC

Cette phase clé permet de réduire les risques et les incertitudes avant d'aller plus loin dans le projet. Il valide le bien-fondé du projet.

Les points de vigilance

Quelques règles de bon sens et une bonne rigueur sont à respecter pour produire un résultat de qualité :

  • Bien choisir le périmètre du test (segments de client, domaines d'application, etc.). Dans le cas contraire, les résultats pourraient être imprécis voire erronés.
  • Définir précisément les hypothèses de départ.
  • Se doter d'instruments de mesure pertinents qui permettent de répondre aux questions de départ.

Comment mener un proof of Concept ?

Cette phase s'appuie sur les outils classiques d'études que sont les recherches documentaires, les études marketing, l'analyse de données (big data), etc. Il peut s'agir également de tester la réaction de consommateurs sur des attributs précis.

Ce peut être par exemple le nombre d'inscriptions recueillies pour être informé d'un sujet en relation avec le concept. Cela permettra d'en mesurer l'intérêt.

Il peut également prendre la forme d'un prototype basique très conceptuel.

Exemples de proofs of concept

Pour un projet mobile, le proof of concept peut être de vérifier que 2 technologies fonctionnent ensemble avant d'aller plus loin. Sans cela le projet n'a pas de réalité.

Pour une startup, le PoC a pour objectif de démontrer la viabilité du business model afin de convaincre des investisseurs potentiels de l'opportunité offerte par le projet.

Retrouvez notre modèle simple pour rédiger un cahier des charges, voir l'exemple.



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