Les autres, activateurs de sens

Publié le 03/04/2015 - Mis à jour le 15/09/2017
sens

Insatisfaction, manque de reconnaissance, stress... Autant de maux qui nous font nous interroger sur les fondements de notre vie professionnelle. Qu'en attendons-nous finalement ? Pourquoi cela nous paraît-il si difficile de nous épanouir professionnellement parlant ? Comment être heureux au travail ? Comment éviter que la motivation de nos salariés ne se dégrade ?

Ne nous leurrons pas : le travail joue un rôle prépondérant dans notre épanouissement.

Certains pensent ne pas avoir suffisamment de diplômes - même s'ils ont largement les compétences requises pour le poste dont ils rêvent - ou pas la formation adéquate. D'autres estiment - à tort bien souvent - qu'il est trop tard pour opérer un changement de voie pourtant évident. D'autres encore, résignés, fatalistes, considèrent que c'est comme ça... Certains réussissent tout ce qu'ils entreprennent, d'autres non. Une fatalité à laquelle ils ont fini, bon gré, mal gré, par s’habituer. Car bien évidemment, ils se placent d'office dans ceux qui ne réussissent rien, n'ayant jamais eu la réussite tant espérée, quoiqu'ils aient pu entreprendre et n'ayant jamais reçu la reconnaissance qu'ils attendaient plus ou moins consciemment... Alors, à quoi bon essayer à nouveau ?!

Pourtant, tous ont en eux la clé du bonheur : LE SENS !

Le sens, clé de voute du bonheur au travail, de la réussite et de la performance

Professionnellement parlant, le sens dépend de notre attitude envers notre fonction et de notre bien-être général. Sens et motivation sont donc intrinsèquement liés.

Toutefois, les autres - en l’occurrence les collègues de travail - participent également à la structuration du sens que nous donnons à notre vie professionnelle. Hughes, en 1950, mettait en exergue le fait que nos collègues s'emploient à rendre notre vie professionnelle soit plus douce, soit au contraire plus aigre.

Demandez à quelqu'un de vous parler de son travail. La mention de ses collègues ne se fera guère attendre dans son discours. Survenant très souvent avant bon nombre de choses. Ce qui tend à démontrer que la notion de sens ne peut être totalement dissociée d'un contexte prenant en considération ses alter egos. Car, à moins de travailler totalement seul dans son coin et de ne jamais avoir quelque interaction que ce soit avec quiconque (c'est possible, ça ???), on ne peut faire totalement abstraction des autres. Attention, cela ne veut pas dire que notre bonheur dépend d'eux !

La notion de sens au travail est déterminée par ce que les employés observent autour d'eux et par leur interprétation des faits et gestes de leurs collègues. Chacun ayant tendance à se rapprocher de celles et ceux qui renforcent sa façon de penser. Association qui s'apparente à une certaine recherche de reconnaissance.

Vient ensuite la compréhension du rôle même qui est dévolu à l'employé par ce dernier.

La communication interpersonnelle au service du sens en entreprise

Le fait de savoir que notre travail sert à d'autres augmente notre motivation inconsciente. De la même manière, dès lors qu'un employé connaît le but ultime de son travail, il devient plus enclin à suivre les règles. Sa motivation s'en retrouve ainsi renforcée par le sens que sa mission prend dans l'entité, mais également au-delà. C'est ce que l'on appelle un comportement pro social.

C'est bien beau de savoir que l'on ne travaille pas pour rien (quoique parfois, certaines professions restent une énigme en matière d'utilité). Mais cela ne suffit pas au quotidien !

Quelques comportements faciles à mettre en pratique suffisent pourtant à faire une large différence. De simples feedbacks positifs ou quelques encouragements de la part d'un supérieur envers ses troupes renforcent la performance de ces dernières. On le sait tous : lorsque l'on se sent soutenu et encouragé, tout semble plus aisé. On se retrouve rassuré dans nos capacités et nos ailes ne tardent pas à pousser jusqu'à la sensation d'être capable d'abattre des montagnes.

Il a également été démontré que des images positives - un collègue souriant par exemple - ont une influence non négligeable sur notre humeur et notre motivation. Travailler pour quelqu'un qui ne sait que faire la tête et rabaisser ses collaborateurs, vous en conviendrez, c'est la démotivation assurée ! Managers : soyez bienveillants et souriants ! Vos employés vous le rendront !

Des objectifs à leur juste niveau

Par ailleurs, il a été démontré que plus la tâche est complexe, plus nous serons fiers de l'avoir accomplie avec succès. L'importance des objectifs fixés par le supérieur a donc sa part dans la notion de sens. Un employé qui se verra fixer des objectifs faciles à atteindre se lassera vite et aura rapidement la désagréable sensation qu'on le sous-estime.

Un exemple criant est celui du nivellement par le bas dans l'éducation nationale. On prend toujours grand soin des élèves en difficultés - ce qui est bien normal - alors que l'on délaisse ceux qui ont des capacités plus élevées que la moyenne, qui finalement, finissent par tellement s'ennuyer qu'ils comprennent qu'il vaut mieux être mauvais pour exister à leur niveau. Certains iront même jusqu'à quitter l'école prématurément. Un immense gâchis auquel personne ne semble prêter attention...

Dans le monde du travail, cela se transpose fréquemment. Nombreux sont les employés à posséder des compétences/capacités au-delà de celles qu'on leur demande pour leur fonction. Combien de supérieurs accepteront de les reconnaître ? Combien leur proposeront de les mettre au service de leur entreprise ? Pourquoi tous nos talents français partent-ils à l'étranger ? Et surtout : pourquoi ne faisons-rien pour endiguer ce phénomène ? Difficile de trouver du sens là-dedans.

Il en va de même pour les profils à haut potentiel. N'ayant que rarement les diplômes à la hauteur de leurs compétences ou en adéquation avec le poste qu'ils convoitent, ils se voient relégués dans des postes où ils se meurent à petit feu. Jusqu'au jour où un autre extraterrestre croise leur chemin et leur tend la main... succès assuré ! Ou qu'ils finissent par se mettre à leur compte. Là aussi, réussite garantie ! Tout prend alors sens.

Il faudrait peut-être se pencher une bonne fois pour toute sur la question et adopter une vision radicalement différente.

Une question d'angle de vision

Prendre du recul, adopter un angle de vision inhabituel, ouvrir son esprit sont autant de façons simples pour redonner du sens à ce qui ne semble plus en avoir.

Prenons le cas de l'échec. Je lisais récemment que de nombreuses personnes, lorsque l'on évoque la réussite et l'échec, pensent inconsciemment à 2 possibilités, 2 routes bien distinctes l'une de l'autre, comme les 2 seules directions possibles. Or ceux qui réussissent savent que c'est totalement faux. Ils savent par expérience qu'avant de réussir, on rencontre immanquablement un certains nombre d'échecs et que ce sont ces derniers qui nous mènent à la réussite. Autrement dit, le chemin de la réussite passe par l'échec que l'on ne doit pas voir comme une fin, mais bien comme le début d'autre chose.

Un exemple concret : après des mois et des mois de cogitation, de réflexion, de nuits blanches, de nombreux sacrifices et de travail acharné, Henri s'est finalement lancé et a créé sa propre entreprise. Des projets, il en avait plein la tête. Il était certain du succès de son entreprise. Et puis un grain de sable s'est glissé dans les rouages et tout a basculé. Henri a finalement été contraint de cesser son activité et fermer son entreprise. Beaucoup auraient pris ça comme un échec cuisant. Henri, lui, a préféré qualifier cela d'essai infructueux. Il a relu l'histoire de son entreprise, a identifié les erreurs et compris pourquoi cela n'avait pas fonctionné. Pour lui, ce fut le début d'une nouvelle aventure qui roule depuis maintenant depuis bientôt 10 ans.

Finalement, donner du sens, c'est être capable de changer sa vision des choses. Pour un employé, cela passe par l'acceptation des feedbacks de son supérieur, quels qu'ils soient, les recevoir comme des pistes d'amélioration ou des confirmations. C'est aussi un environnement de travail serein, une ambiance conviviale, un certain recul vis à vis des missions et des collègues, etc. Pour un manager, cela passe par des attitudes, des discours adaptés (pour ce faire, on pourra par exemple faire appel aux notions de base de l'analyse transactionnelle), une forte aptitude à convaincre... C'est une motivation à toute épreuve, un comportement bienveillant et un enthousiasme communicatif ! Bref : rien de sorcier...

A bon entendeur...

 

A propos de l'auteur


RGRaphaële GRANGER

Passionnée de relations humaines, entrepreneure dans l'âme et directrice de publication sur le site www.manager-go.com depuis quelques années, Raphaële anime également des formations en communication interpersonnelle en entreprise : prise de parole en public, animation de réunions, convaincre, etc.

Elle accompagne désormais les personnes à haut potentiel qui souhaitent redonner du sens à leur carrière. Atypiques à bien des points de vue, fréquemment qualifiés par leurs employeurs successifs de personnages instables, certains HP - autrefois appelés "surdoués" - sont trop souvent contraints de constater que leur haut potentiel est un réel handicap. Comment vivre - et travailler - dans une société où la norme règne lorsque l'on ne rentre dans aucune case ? Choix de carrière, changements de voies tous azimuts, les parcours professionnels de ces humanoïdes hors "normes" sont rarement de longs fleuves tranquilles. Certains finissent par perdre tous leurs repères et errent dans un monde du travail où ils ne sont que l'ombre d'eux-mêmes. N'essayant même plus de convaincre quiconque de leur réelle valeur. Pourtant ces personnes ne demandent qu'à exploiter tout ce potentiel. Et pour cela, il leur suffit d'être entendues, reconnues et acceptées pour ce qu'elles sont et non pour les apriori et les clichés infondés que renvoie trop souvent notre société.


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